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Archive de juillet 2004

Recherche et web sémantique

Mercredi 28 juillet 2004

gunt nous fait part d’un article sur l’avenir du web. C’est une introduction intéressante pour ceux qui ne voient pas forcément les enjeux du web sémantique.

Petite réfléxion en discutant avec gunt hier soir. L’article parle des phrases rédigées dans notre langage naturel comme un "cauchemar" pour Google. C’est vrai qu’une longue phrase comme celle de l’article est difficile à traiter et à comprendre par un programme informatique.

Cela dit, ce cauchemar peut être une véritable aide pour le moteur de recherche. Ce dernier sait que pour telle recherche, telle pages peuvent être pertinentes, selon ses propres critères (nombre de liens vers la page pour Google, temps resté sur la page par le visiteur aussi). Le problème, c’est qu’en tapant juste un ou deux mots, le moteur n’a aucune idée du contexte dans lequel ceux-ci se situe. Le contexte se construit au fur et à mesure que l’on ajoute des mots à la recherche, mais tous ne seront pas forcément dans les pages les plus pertinentes, qui n’apparaitront pas dans les résultats au final. De plus, ce contexte est nécessaire pour réutiliser les pages pertinentes d’autres recherche, susceptible de l’être aussi pour cette nouvlle recherche.

Aussi, une phrase bien rédigée est une aide précieuse, car elle fournit tout un contexte à la recherche. Il ne faut pas le voir comme un cauchemar pour le programme, mais bien comme une aide.

A propos de recherche, j’ai mis en ligne une idée qui me trottait depuis quelques mois: http://websemantique.org/RechercheDecentralisee . N’hésitez pas à donner votre avis.

P2P et réseaux sociaux

Samedi 10 juillet 2004

Je suis tombé sur un article de Ratiatum.com (décidément, il ya plein de trucs intéressants sur ce site). Il s’agit d’une traduction d’un article paru sur OpenP2P.com, "Next-Generation File Sharing with Social Networks".

L’auteur y décrit un système de partage de fichier, non pas ouvert comme les réseaux Kazaa et eMule, mais restreint, c’est-à-dire sur invitation, de manière à se protéger des "méchants" attaquants.

Quelques point sont intéressants. Tout d’abord, l’auteur soulève l’idée qu’un réseau plus restreint en utilisateur mettra plus l’accent sur la qualité que sur la quantité, le membre du réseau étant plus à même d’aller découvrir ce qu’écoutent ses amis plutôt que de se cantonner à ses styles habituelles. C’est une fonctionnalité qui existait dans Napster, et qui est malheureusement trop souvent désactivée par les utilisateurs d’eMule.

Techniquement, la solution d’un serveur central est préconisée, d’une telle manière que le serveur ne peut pas savoir l’utilisation qui est faite du réseau (l’auteur prends l’exemple du partage de recettes de cuisine :p). Le réseau doit par ailleurs se baser sur des technologies comme BitTorrent, SSH et PGP.

Au final, le principal risque vient des membres eux-mêmes pouvant se faire berner en invitant des attaquants. Aussi, il est important que le réseau soit organisé comme une "tribu", avec des règles sociales et "ainés tribaux" respectés orientant le réseau.

Je vous laisse lire l’article, c’est très intéressant. Le premier point sur l’avantage d’un réseau restreint sur un réseau de grande envergure m’a semblé très pertinant. Découvrir les affinités des autres n’a peut être pas beaucoup d’interêt dans le cadre d’un réseau social comme .node ou orkut.com (et encore, c’est discutable), mais cela prends tout son sens quand il s’agit de partage de fichier.

Alors, à quand un réseau social comme celui que décrit cet article ? (A ce titre, Wiredreach en est toujours au même stade visiblement …)

The future of ideas

Mercredi 7 juillet 2004

J’ai (enfin) fini de lire le second bouquin de Lessig, The future of ideas - The fate of the commons in a connected world.

Je ne cache pas que ce bouquin fut une "révélation" pour moi, tant il contient des notions qui ne m’étaient pas familières, notamment en terme de propriété intellectuelle et de gestion de ressources dans une société. Et tant ces aspects théoriques viennent appuyer la reflexion de Lessig sur l’Internet tel qu’il était hier, qu’il est encore aujourd’hui heureusement, mais qu’il ne sera sans doute plus demain si la tendance actuelle se poursuit.

Car ce qui ressort principalement de ce livre est la grande fragilité de l’Internet. Cette tendance actuelle, agissant à la fois sur des aspects techniques et légaux, modifie en profondeur l’Internet, détruisant à petit feu les principes fondateurs (et notamment celui de neutralité et de non-discrimination qu’est le end-to-end) qui ont fait de l’Internet ce qu’il est. Mais aucune loi n’assure que ces principes doivent être conservés, et c’est en cela que l’Internet est très fragile. Le premier livre de Lessig résume bien cet aspect: "Code is law".

Pourquoi cette tendance à modifier l’Internet est-elle très dangereuse ? Au fond, on pourrait croire que tout continuera comme avant. Ces changements sont surement trop récents pour en voir toutes les conséquences. Mais ce serait oublier une chose qui caractérise l’Internet, et qui le rend aussi attractif: l’Internet est une vaste plate-forme où l’innovation foisonne comme on ne l’avait jamais vu auparavant dans notre société.

Et cette innovation est justement la première victime des changements qui sont opérés, notamment car elle nait des principes cités auparavant, et que ceux-ci sont menaçés par ces changements. L’autre aspect qui affecte sérieusement l’Internet est le renforcement de la propriété intellectuelle, et là les conséquences vont au delà de l’innovation sur l’Internet, et s’étendent à notre culture de manière générale. Au final, c’est une véritable lutte contre l’innovation qui est mise en place par ceux qui ont le moins d’interêt à ce que cela change, utilisant moyens techniques et légaux pour se protéger. Une citation du livre analyse cela: "We have invented technology to eliminate scarcity, but we are deliberately thrwoing it away to benefit those who profit from scarcity" (John Gilmore).

Mon sentiment à la suite de ce livre est partagé.

D’un côté, plutôt content. Je trouve vraiment formidable ce que l’on a fait avec l’Internet. Un peu fasciné qu’on ait pu créé une plateforme donnant lieu à autant d’innovation, fasciné par ces innovations en elles-même aussi. Content car je me dis que nous sommes capables de faire des choses bien des fois …

Mais d’un autre côté, ce livre ne donne pas vraiment envie d’être optimiste pour l’avenir. Parceque ces changements ont lieu sans aucune concertation, sans aucune réflexion. Plutôt que de chercher à en comprendre l’impact, on (les gouvernements et juristes surtout) préfère écouter les lobbys, et à ce petit jeu les grandes industries du cinéma et de la musique entre autre sont largement gagnantes. Pessimiste, car qui défends l’Internet ?

Si il y a bien des initiatives à soutenir, ce sont à mon avis celles du mouvement libre et celle de Creative Commons par exemple. Car les solutions proposées par Lessig pour revenir à une balance plus équilibrée ne sont pas à notre portée de simple citoyen. Certains me répondront que le droit de vote est une possibilité. Mais comme le fait remarquer Lessig, du moins aux Etats-Unis, ce n’est pas une question de gauche ou de droite, mais bien une question d’anciens contre nouveaux, en terme d’innovation.

Au fond, je souhaiterais vraiment agir. Il n’existe pas à ma connaissance de structure comme l’EFF en France. C’est à mon avis un manque à combler, pour défendre l’Internet. Et il y a urgence, car c’est en ce moment que cela se passe.

En attendant, à tous ceux qui apprécie l’Internet, plus ou moins conscients de ce qu’il apporte, je recommande vraiment la lecture de ce livre.

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