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December 16, 2005 - Christchurch, New Zealand

Archive de la catégorie Economie

It’s all about your data !

Samedi 20 octobre 2007

Suite à mon précédent billet, voilà une autre manière de dire les choses. Scott Karp explique pourquoi ce ne sont pas les applications qui comptent, mais bien les données qu’elles véhiculent, en s’appuyant sur la déclaration récente de Jeff Hubert de Google à ce sujet (”The web is the Platform. So let’s go build the programmable Web.“). Plusieurs points intéressants :

  • toute la hype autour des plateformes n’est qu’un écran de fumée, la vraie valeur d’un business comme Facebook réside bien dans les données qu’ils accumulent, pas dans les éventuels bénéfices qu’ils tireraient des applications de la plateforme
  • le Web EST la plateforme. Je pense que ça ne fait pas de mal de le répéter.
    • comme l’explique Scott Karp, arrivera le jour où la concurrence entre applications sera forte aussi sur Facebook, et le Web aura toujours un potentiel de viralité plus important.
    • le Web présente aussi l’avantage de la neutralité, condition indispensable au succès d’une plateforme (lire à ce sujet cette analyse d’Onstartups, même si dans une moindre mesure Facebook est dans le même cas que LinkedIn, car ils se réservent le droit de concurrencer une applications de la plateforme)
  • ce n’est pas tant de disposer de la communauté la plus grande qui importe, mais bien de la connaître au mieux à travers la collecte de données personnelles pour proposer une plus grande valeur ajoutée aux utilisateurs. C’est là que réside la barrière à l’entrée vis-à-vis des applications concurrentes.

Encore une fois, il s’agit de nos données personnelles, et quelque part de notre vie, nos goûts, nos envies, etc… La collecte de données personnelles n’a rien de neuf ni de choquant, mais cela prend désormais une telle ampleur qu’il est dommage que les utilisateurs ne soient pas plus sensibilisés à cette problématique.

Tout n’est affaire que de données personnelles

Dimanche 14 octobre 2007

À plusieurs reprises suite à de précédents billets, on m’a demandé pourquoi je tenais tant à publier mes données personnelles sur ce site. En fait, ce n’est pas une volonté de ma part que de vouloir exposer ma vie numérique sur kiad.org, mais plutôt la solution la plus adaptée à un état de fait.

Il était possible jusqu’à présent de contrôler de manière assez précise les informations que nous laissions à des entités tierces, soit parceque la technologie ne permettait pas d’agréger des informations à notre sujet, soit parceque notre accord était nécessaire de manière explicite. Impossible de construire un profil à partir des articles consultés dans un magazin Fnac par exemple. Il était tout au plus possible de tracer nos achats à l’aide d’une carte de fidélité, ce qui releve tout de même d’un acte volontaire de notre part. Aujourd’hui, non seulement construire un profil à partir des articles consultés sur un site marchand est pratique courante, mais en plus la souscription à une carte de fidélité est devenue implicite et surtout obligatoire à travers la phase d’enregistrement présente sur n’importe quel site marchand. On retrouve une évolution similaire avec les données liées à nos déplacements : les téléphones portables et le cartes de transports comme Navigo permettent de suivre les déplacements de n’importe qui.

Ces exemples montrent bien la perte de contrôle sur nos données personnelles qui s’est opérée au fur et à mesure que la technologie a évolué. Cette perte est d’autant plus inquiétante qu’elle est accompagnée d’une perte de distinction entre données identifiables à une personne bien précise et données non-identifiables. En somme, la collecte de données est plus aisée dans le monde virtuel, et quand bien même nous arriverions à garder un certain anonymat dans cet espace, l’évolution de la technologie et la masse de données toujours plus importantes que nous laissons permet tôt ou tard de reconstruire des profils personnels. C’est bien là le problème : autant nous bénéficions d’un certain contrôle dans la vie réelle, autant chaque action que nous faisons dans le monde virtuel dissémine un nombre important de données auxquelles nous n’avions pas songé auparavant.

On pourrait penser qu’il ne s’agit que d’adresser une publicité toujours plus ciblée par la suite en se basant sur des profils toujours plus précis (et en ce cas, pour peu qu’on y soit sensible, on apprécierait sûrement le fait de ne plus avoir de publicité mal ciblée). Je pense que c’est effectivement un des objectifs, mais il me semble lourd à mettre en oeuvre (il n’y a qu’à voir la pertinence des publicités sur Facebook qui en sait tant sur nous…). Non, peu importe l’objectif, ce qui me gène est que quelque part ma vie numérique soit stockée pour en déduire mes goûts, opinions et envies, et encore plus quand il n’est pas possible d’accéder à ces données.

Nous vivions dans un monde où la loi et la technologie garantissait un minimum d’anonymat et de vie privée, et le risque est trop gros qu’au fil des données ce que nous considérions comme acquis disparaisse. Le sens de mon propos sur la vie numérique allait en ce sens : il ne s’agit pas d’exposer ma vie numérique, mais au contraire de la contrôler. Puisque la dissemination de nos données personnelles est désormais un état de fait contre lequel il est difficile de lutter, alors autant chercher un meilleur équilibre dans le contrôle de ces données. La balance penche aujourd’hui trop du côté des éditeurs de services, mais je reste convaincu que la technologie permet aussi de corriger la balance vers l’utilisateur. Après tout, ce sont nos données.

Premier achat de musique en ligne, avec FnacMusic

Dimanche 26 août 2007

Et voilà, n’ayant pas envie d’attendre trois semaines pour recevoir le nouveau Deadbeat intitulé Journeyman’s Annual, je me suis laissé tenté par le téléchargement payant proposé par la Fnac. J’y étais jusque là un peu réfractaire du fait des DRMs imposés par les plateformes légales, mais la Fnac a fait un bon pas en mettant une partie de son catalogue en MP3, sans DRM donc (il s’agit principalement d’accord avec des indépendants il me semble, ce qui est le cas de cet album de Deadbeat).

Les 11 titres m’ont coûté 10€, contre 21€ pour le CD classique qui à l’avantange de fournir une pochette, mais de prendre de la place (mes CDs m’encombrent plus qu’autre chose depuis que je les ai numérisé). Quelques remarques quand au service de FnacMusic en lui-même :

  • la phase de paiement est particulièrement déroutante, notamment pour choisir les formules que l’on souhaite, et retrouver son panier ensuite
  • les titres doivent être téléchargés un par un, sans pouvoir en télécharger plus de deux à la fois ! C’est laborieux, le minimum serait de fournir une archive ZIP par exemple.
  • les fichiers sont mal nommés (il ne comporte pas le numéro de piste par exemple), obligé de tout renommer. Une bonne idée serait de permettre de paramétrer le nommage des fichiers
  • les MP3 sont en 256 kbits/s et bien tagués, même si certains posent problèmes (durée non détectée par le player - un problème au téléchargement ?)

Voilà, reste à écouter l’album en lui même, que j’espère à la hauteur du brillantissime Wild Life Documentaries du même auteur !

Webwag et le Widget On Demand

Dimanche 11 février 2007

Je viens d’essayer la nouvelle killer feature de Webwag qui permet de créer des widget à la volée, et c’est pour le moins bluffant. Très simplement :

  1. Vous entrez une URL (j’ai testé avec mon profil last.fm)
  2. Vous sélectionnez une zone sur cette page avec un bête rectangle de sélection, comme dans MS Paint !
  3. Vous validez, et un widget apparait sur votre page webwag avec le contenu sélectionné (ce n’est pas une image mais bien du HTML)

Webwag, exemple de Widget On DemandBon c’est pas encore tout à fait au point (le contenu de mon profil a bougé, et du coup le contenu de la zone sélectionnée a changé, il faudrait qu’ils permettent de sélectionner une zone en se basant sur DOM, un peu comme dans le DOM Inspector de Firefox).

Cela dit, c’est une très bonne idée, et cela prouve que même si ils sont arrivés bien après, Webwag n’est pas qu’un simple suiveur de Netvibes, mais bien un concurrent sérieux. Je n’arrive pas à cerner quel sera le modèle économique de ces pages personnalisables, mais j’imagine que l’étape obligée c’est de toucher le gand public avec un produit le plus simple à utiliser (que ce soit pour des mécanismes d’affiliation ou mise à disposition en marque blanche à des sites plus grand public). Et dans cette optique, le Widget On Demand permet à Webwag de prendre de l’avance.

Pour ma part je préfère tout de même Netvibes, que je trouve notamment plus léger (sic), moins austère.

Web 2.0 : quelle valeur pour la participation de l’utilisateur ?

Vendredi 1 décembre 2006

On voit de plus en plus de réflexions autour de la question de la valeur du travail des utilisateurs de services 2.0 basés sur le User Generated Content. Je pense notamment à l’exemple frappant de Digg et la moitié du contenu généré par une poignée de gens. Je ne crois pas qu’il y ait beaucoup de sites 2.0 basés sur l’UGC qui rémunèrent leurs meilleurs participants. La question de la rémunération est très intéressante, je vois deux pistes de réflexion.

Espèces sonnantes et trébuchantes

En effet, si quelques personnes contribuent de manière significative à Digg, pourquoi ne seraient-elles pas rémunérées ? Il semblerait que l’expérience ait été menée sur le portail netscape.com, sans grand succès apparamment. Cela dit, comment identifier ces meilleurs contributeurs ? Faut-il d’abord qu’ils fassent leurs preuves avant de prétendre à un paiement ? Quid des 99% qui auront contribué sans atteindre un seuil significatif pour espérer se voir rémunérer ? Comment peuvent-il contrôler la valeur de leur travail ?

Sur ce sujet, les mondes virtuels comme Second Life me semblent très en avance. Quel rapport avec le Web 2.0 ? Tout d’abord, lorsque vous contribuez dans Second Life, tout ce que vous créez vous appartient légalement (les conditions générales des sites Web sont souvent moins généreuses). Ensuite, vous êtes en mesure de tirer profit de votre création, en récupérant de l’argent sur votre compte grâce à une correspondance entre monnaie virtuelle et réelle.

Quel est le métier de ceux qui vivent de leur activité dans Second Life par exemple ? N’est-ce pas de produire du divertissement pour les autres résidents du monde virtuel ? Est-ce une fonction si éloignée des producteurs de médias (blog, vidéos, etc…) qui servent les autres visiteurs des services 2.0 ?

Gestion des données personnelles

Il me semble que c’est sur ce point où il y a le plus de solutions à imaginer. Le Web 2.0 s’apparente à mes yeux de plus en plus comme une vaste machine destinée à en savoir plus sur vous pour toujours mieux cibler les publicités. C’est ce qu’évoque Karl en parlant d’Esclavage 2.0 mais aussi Ecosphere qui évoque “une effroyable usine à gaz”.

Prenons par exemple last.fm, service que j’apprécie beaucoup. D’un côté de la balance, je bénéficie d’un service qui donne des stats sympas sur ce que j’écoute, me permet de découvrir des “amis musicaux” et bien sûr de nouveaux sons. De l’autre je donne à last.fm une masse d’information sur mes gouts musicaux, et ainsi sur une part de ma vie. Je n’ose pas imaginer la richesse des informations qu’ils pourront extraire lorsque plusieurs dizaines d’années de ma vie musicale auront été compilées dans leur base de données. Je ne parle ici que de musique, mais combiner plusieurs services permettra sûrement à une machine de mieux me connaître que moi (ce qui d’ailleurs me fait craindre une concentration trop importante des services).

Alors, de quel côté penche la balance ? Le service est-il si gratuit qu’il n’y parait ? Je reçois un outil de stats sympa contre des informations sur ma vie : il y a bien un système d’échange de valeur. À la différence près que dans la majorité des cas si le service peut négocier ce qu’il donne (il maîtrise le code - code is law), l’utilisateur lui n’a pas de moyen de négociation dans le deal : soit il accepte ce que propose le service (via les conditions générales notamment), soit il n’en bénéficie pas.

J’entends par négocier être en mesure d’indiquer quelles données personnelles le service sera autorisé à exploiter, comment, et avec qui. Je lisais récemment Code : and others law of cyberspace (dont je recommande vivement la lecture) et bien que datant de 1999, Lawrence Lessig y évoquait déjà cette piste, notamment avec l’utilisation de P3P (je n’ai pas encore exploré cette techno hélas). On pourrait imaginer des outils intégrés au navigateur permettant de négocier avec le service Web l’usage de nos données personnelles. Si l’économie du Web, poussée par le marché publicitaire visant des cibles de plus en plus précises, continue à évoluer dans cette orientation où la monnaie d’échange réelle sont les données personnelles, alors il ne me semblerait pas choquant que celui qui possède cette richesse soit en mesure de négocier sa valeur.

D’autres pistes ?

On associe souvent à l’idée de Web 2.0 la notion de participation de l’utilisateur. J’ai essayé ici de distinguer deux formes de participation, à savoir le travail de création pure et l’envoi d’informations sur soi-même. Bien que je ne vois toujours pas en quoi cette notion est nouvelle sur le Web, je pense effectivement qu’elle prend de plus en plus d’importance, et qu’à se titre il conviendra tôt ou tard de réfléchir sur la valeur de cette participation. Je ne suis pas convaincu que la valeur apportée par les services Web 2.0 compense toujours celle de la participation de l’utilisateur, surtout quand on réfléchit à long terme. Et à ce titre, il faudra sûrement envisager de permettre à l’utilisateur de contrôler la valeur qu’il apporte. J’ai évoqué ici deux pistes, il en existe sûrement d’autres à inventer.

Expérience utilisateur à la Fnac

Dimanche 1 octobre 2006

J’ai toujours trouvé que la Fnac avait beaucoup d’un lieu de rencontre. C’est particulièrement flagrand à Angers notamment. Lorsqu’on se donne rendez-vous place du Ralliement et qu’on commence à marcher sans direction précise, naturellement en discutant on se dirige vers la rue piétonne où se trouve la Fnac à quelques mètres et on y rentre. C’est un lieu où il fait bon se promener pour quiconque est intéressé par la culture au sens large, compte-tenu de la richesse et de la variétés des produits qu’on y trouve.

Cela étant, tout n’est pas parfait. Je pense par exemple au rayon Bande-Dessinées à la Fnac des Halles à Chatelet. Les rayons sont très étroits, tout le monde se marche dessus, les gens stationnent devant en lisant, et empêche les autres d’accéder aux ouvrages. Bref, une expérience assez pénible pour celui qui veut jeter un oeil à toutes sortes de BDs et en chercher de nouvelles. Certes, ce n’est qu’un problème d’aménagement, et j’imagine qu’ils doivent y travailler. C’est ce qu’ils ont fait à Angers devant le succès du rayon BD : il est désormais plus grand, avec toute une facade dédiée et deux larges allées.

Mais je pensais plus particulièrement au problème des personnes qui commencent à lire dans les rayons. Pour moi, ce n’en est pas un, bien qu’elles commencent à consommer un produit qu’elles n’achèteront peut-être pas (c’est moins gênant pour les livres cela dit). Plutôt que d’aller à l’encontre de ce phénomène, ils devraient l’accompagner et en tirer profit. Je me souviens par exemple à Auckland au Borders (un équivalent de la Fnac), on y trouvait des fauteuils confortables pour commencer à lire les livres.

La Fnac devrait proposer ce genre d’espace où le client peut s’assoir tranquillement, et même prendre un café ou un chocolat chaud pour prendre le temps de feuilleter un livre avant de se décider à l’acheter. Ce serait une vraie expérience utilisateur, et je suis sûr que les gens resteraient encore plus longtemps dans la boutique. On pourrait imaginer par exemple que Starbucks propose ses services à l’intérieur même de la Fnac. La Fnac ayant une approche assez culturelle, positionnée moyen et haut de gamme, cela collerait bien avec l’approche de Starbucks, qui ne fait que transformer un produit courant comme le café en produit haut de gamme en ajoutant de l’émotionnel (on boit pas un café vite fait, on va se détendre dans un bon canapé autour d’un bon café).

Sans forcément aller jusqu’aux boissons (café, chocolat, jus de fruit…) disponibles dans le magasin même, je suis persuadé que des espaces de lectures avec canapés et fauteuils augmenteraient significativement l’expérience du client. Surtout pour les livres, car de toutes façon personne ne lit dans le magasin un livre dans son intégralité. Et si le client ressort en ayant le sentiment d’avoir passé un bon moment, il sera plus enclin à revenir, et à acheter de nouveaux produits.

A lire à ce sujet (innovation dans lemodèle économique, cycle de vie d’un produit, etc..), l’excellent Harvard Business Review On Innovation.

Gratuité sur le Web

Dimanche 24 septembre 2006

Le débat autour des modèles économiques et de la monétisation des stars du moment (youtube, myspace, netvibes, wikio, etc…) est vraiment intéressant, notamment les questions autour du modèle publicitaire.

Mais un des points tout de même qui m’ennuie est cette tendance du Web 2.0 de ne pas vouloir faire payer directement l’utilisateur. Je conçois tout à fait qu’un site gratuit permet plus facilement de construire une communauté, ce qui semble être la première valeur d’un service 2.0. Je conçois aussi tout à fait qu’on puisse atteindre la rentabilité à travers un modèle publicitaire, Google en étant la meilleure preuve.

Cette tendance a pour moi un gros défaut, en terme d’éducation de l’internaute. Je pense plus particulièrement à cette idée qu’une fois l’abonnement au fournisseur d’accès payé, on a plus rien à débourser pour utiliser tout le Web. Pour avoir eu au téléphone à de nombreuses reprises des parents de joueuses sur Equideo et pour l’avoir constaté de moi-même auprès de connaissances, je suis convaincu que cette idée est beaucoup plus ancrée qu’elle n’y parait*. Je pense que cela fait beaucoup de mal au système, dans le sens où les gens ne prennent pas conscience des coûts derrière le service qu’ils utilisent et de la valeur qu’il a. Comme on se plait à le rappeler régulièrement avec mon associé, nous ne vivons pas d’amour et d’eau fraîche !

Mon propos est qu’un service qui apporte une vraie valeur à l’utilisateur ne devrait pas hésiter à le faire payer. À ce titre, je suis pas un fan du modèle publicitaire. Je tire beaucoup plus de satisfaction de savoir que nous sommes rentables avec Equideo grâce au jeu en lui-même et non grâce au bon vouloir de tierces personnes. Pour moi, c’est la preuve que le service est de qualité et que l’utilisateur y voit une vraie valeur qu’il juge normal de payer. Cela me rappelle aussi le débat sur la vente de Kiko, et la réponse de 37 signals à ce sujet à propos du modèle économique sur abonnement de leur produit Backpack Calendar face à Google Calendar qui lui est gratuit.

Le modèle publicitaire est intéressant et peut constituer de bons revenus, mais pour moi ça ne devrait pas être le premier à mettre en oeuvre. C’est le service en lui-même qui devrait être valorisé en premier.

* je met de côté les sites marchands qui vendent des produits physiques bien sûr.

C’était il y a un an !

Vendredi 8 septembre 2006

Le 8 septembre 2005, Vincent et moi mettions en ligne equideo.com vers 4h du matin, après trois mois de développement et un long travail sur hariCow, notre framework de développement Web. On avait mieux qu’un garage quand même, on avait ma chambre d’étudiant en collocation (Vincent avait même pas Internet chez lui…) :)

Le temps de s’assurer que tout fonctionne et corriger quelques bugs, on prenait au petit matin le RER pour Massy, puis le car pour Evry, sechant à nouveau les cours lors de la semaine de rentrée. Direction la Chambre des Commerces pour effectuer le dépôt au greffe de la création de notre SARL, Olient.

Sortie vers midi, passage rapide au Quick, puis connexion sur Internet dans un vieux cybercafé pour regarder Equideo. Et là, agréable surprise : on pouvait constater notre premier euro de chiffre d’affaire !

C’est le genre de journée qu’on oublie pas. Aujourd’hui, nous venons d’atteindre ces jours-ci un effectif de 10 personnes, et nous travaillons activement aux lancements de nouveaux jeux. On vient d’ailleurs d’emmenager dans de nouveaux bureaux au sein de la pépinière de Gif sur Yvette. Plus de place, et toujours plus de projets !

Bon anniversaire Olient et Equideo !

Startup : déléguer ou pas ?

Lundi 4 septembre 2006

Je suis depuis quelques temps un nouveau blog, OnStartups.com. Pas mal d’articles intéressants, dont un aujourd’hui sur les difficultés rencontrées au tout début par l’entrepreneur.

De ma propre expérience, je suis d’accord sur l’idée de base, c’est un challenge de se retrouver confronter à des tâches comme la comptabilité, les finances, la vente, les ressources humaines, etc… De toute façon au début, on a pas d’autres choix que de porter quinze casquettes à la fois. C’est clairement intéressant et formateur comme expérience.

Cependant, je doute que ce soit réellement utile et judicieux dans l’intérêt de la startup d’en faire le plus possible par soi-même. Dès qu’on en a les moyens, il me semble beaucoup plus pertinent de faire appel à un spécialiste. Le gain en temps et en qualité de travail (pour peu qu’on choisisse le bon) est très important.

On a rapidement été confronté à ce dilemme avec Olient et Equideo. Trois semaines après le lancement, la gestion et la surveillance des serveurs devenaient problématique. La fréquentation du site augmentait de manière considérable, et un seul serveur ne suffisait plus. On était alors face au choix suivant :

  • continuer à gérer les serveurs nous-même. Avantage : coût moins élevé. Inconvénient : gouffre en temps et en stress face aux difficultés rencontrées
  • faire appel à un vrai hébergeur pour une infogérance complète. Avantages : travail de qualité, temps économisé et plus de tranquilité. Inconvénients : prix, accès d’une personne externe à votre code/architecture (ça peut être gênant, même si ce ne fût pas notre cas)

À l’époque, je défendais avec ardeur la première solution, peut-être parceque c’est moi qui gérait les serveurs et que je me croyais assez bon pour le faire, et que je voyais l’économie d’argent. On a donc continué seul.

Non seulement la mise en place de l’architecture sur plusieurs serveurs ne marchait qu’à moitié, mais en plus la fréquentation du site augmentait significativement chaque semaine. Résultat des courses, on était obligé de limiter en heure de pointes le nombre de connectés, au détriment de nos clients donc. Je ne parle même pas du temps perdu à chercher des solutions, des tensions générées et des engueulades dûes à ces difficultés…

Ce fut autant de temps et d’énergie perdus qu’on aurait pu consacrer à améliorer le jeu en lui-même et répondre aux attentes des clients. On a bien sûr opté rapidement pour l’infogérance par un hébergeur dont c’est le métier. Le gain en temps, en stress fut vraiment important, et on a pu le consacrer à faire ce qu’on sait faire le mieux.

A moindre échelle, je pense que le raisonnement est le même avec tout ce qui est comptabilité, cotisations sociales, fiscalité (sans parler du risque juridique de mal faire). On a fait le même choix, à savoir faire appel à quelqu’un dont c’est le métier.

Mon conseil aux jeunes entrepreneurs donc, d’après ma courte expérience depuis un an déjà :

  1. faites le point sur vos forces : identifier les tâches pour lesquelles vous apportez vraiment de la valeur. Votre temps est ce qu’il y a de plus précieux, il faut l’utiliser le plus judicieusement possible
  2. parmi les tâches où vous n’apportez pas de valeur, identifier celles qui sont le plus consommatrices en temps, en énergie voire en stress
  3. si pour ces tâches, le temps et en énergie consommés pourraient être utilisés pour une tâche où vous avez de la valeur, et où le gain final pour le client est significatif, alors n’hésitez pas, prenez le risque de déléguer et d’avancer plus vite.

Kiko Vs Google : les forces de la concurrence peuvent cacher leurs faiblesses

Lundi 21 août 2006

Intéressant débat que celui sur la revente du site Kiko. Il s’agit d’un service Web on ne peut plus 2.0 : Kiko est un calendrier en ligne entièrement Ajaxé, avec Ruby On Rails côté serveur, et supporté par Y Combinator. Kiko a été pour le moins bousculé par le lancement de Google Calendar, et les fondateurs ont décidé de revendre le site sur eBay.

Les réactions sont nombreuses suite à cette décision, notamment sur l’attitude à adopter par une start-up face au géant Google. Deux d’entre elles ont retenu mon attention : celle de Paul Graham et celle de Scott Karp.

Ce qui définit les capacités d’une entreprise définit aussi ses incapacités

C’est une des conclusions que tire Clayton Christansen dans son livre The Innovators Dilemma sur les innovations disruptives. Et c’est précisément ce qui se cache derrière le propos de Paul Graham. La force de Google réside entre autres dans son armée d’ingénieurs-geek-technophile qui sort de nombreux produits. Le Google Day - jour libre des employés pour un projet personnel dans l’intérêt de l’entreprise - y est sûrement pour beaucoup. Mais c’est aussi là que peut se cacher une faiblesse : si Google est bon pour sortir des produits par et pour des technophiles, qu’en est-il du reste ? Le nombre de produits sortis en beta et qui le sont encore est pour le moins révélateur de cette mentalité. Comme le souligne Paul Graham, le champs d’action de Google est probablement plus étroit qu’on ne le pense.

Il est donc important de toujours garder à l’esprit que derrière une force de la concurrence se cache toujours à l’opposé une faiblesse potentielle, quand bien même la concurrence s’appelle Google. Et cela me semble d’autant plus vrai quand la force en question réside dans les valeurs mêmes de l’entreprise, car c’est ce qu’il y a de plus difficile à changer (les ressources s’acquièrent, et les procédures sont moins insurmontables à changer).

Google, le nouveau vieux Microsoft ?

Tout le monde s’accorde à dire que Google est le nouveau Microsoft. À ce titre, l’analyse par Paul Graham de la vraie raison de l’échec de Kiko est intéressante : Google, en intégrant Calendar avec GMail a usé des même techniques que Microsoft avec l’intégration de ses logiciels au système d’exploitation. Et Graham de conseiller aux start-up d’éviter le chemin de Google. Ça, c’est pour la mauvaise nouvelle.

La bonne, c’est la remarque imparable de Scott Karp : If Google Is the New Microsoft, That’s Precisely Why They Shouldn’t Be Feared. Simple comme bonjour, et tellement vrai. Karp évoque même la précarité du statut de leader, et un cycle de changement qui s’accélère. On croyait Microsoft indétronable, et pourtant Google est presque en train de la faire. Alors pourquoi personne n’arriverait à son tour à inquiéter Google ?

Au boulot !

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