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December 16, 2005 - Christchurch, New Zealand

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My world is flat

Jeudi 7 février 2008

The World Is Flat

Hier j’ai (enfin) terminé le best-seller de Thomas Friedman, The World Is Flat. Friedman y aborde le phénomène de mondialisation sous tous ses angles : les évènements initiateurs, les forces en jeux, les technologies ayant concourrues à cet applatissement du monde, etc… Il y présente une mondialisation très positive, assez éloignée de la vision négative (américanisation, etc…) que l’on peut entendre ici et là en France. Ce ne sont pas malgré tout deux visions opposées, j’ai trouvé la démarche de Friedman plutôt claire, expliquant bien comment les craintes et attentes qu’on peut avoir en France et en Europe peuvent s’inscrire dans cette vision.

L’idée récurrente du livre est en fait celle de l’entrepreunariat. Je ne pense pas que ce soit un biais de ma part d’avoir vu cette notion comme sous-jacente dans la plupart des développements du livre. L’esprit d’entreprise aux yeux de Friedman apparait clairement comme libéré grâce à ce nouveau monde, et il le présente souvent aussi comme une solution à ses dérives ou conséquence potentiellement néfastes (métiers ou industrie qui disparaissent ou sont délocalisées, etc…). Son propos est plutôt bien résumé en conclusion : ce nouveau monde, plat, où tout le monde peut individuellement agir globalement, est l’opportunité pour tous d’entreprendre en mettant en oeuvre son imagination. C’est un monde où on ne peut plus rester isolé, où la concurrence n’est plus entre états, mais entre individus, et où la meilleure solution pour rester dans la course est d’entreprendre et de créer plus vite et mieux que les autres.

Le seul gros défaut du livre à mon sens est d’être écrit par un américain, pour des américains. Il n’est quasiment jamais fait mention de l’Europe ou de l’Amérique du Sud par exemple. La plupart du temps, les réflexions un peu plus poussées sur la manière de s’adapter à ce nouveau monde sont destinées aux américains. Friedman était pourtant bien plaçé pour savoir que son livre aurait une audience mondiale, et mieux tenir compte le point de vue des Européens aurait été le bienvenu.

Enfin, le livre regorge d’exemples tous aussi excitants les uns que les autres, qu’il s’agisse des problématiques de supply-chain chez Dell ou WallMart, que le développement impressionnant de l’IT en Inde en passant par les initiatives d’entrepreunariat global depuis le Moyen-Orient. Plutôt que d’en détailler ici, je tenais à présenter un service qui illustre bien le propos du livre. Il s’agit de Kiva.org, un service Web où vous pouvez faire des micro-prêts à destination d’entrepreneurs dans les pays en voie de développement. Assez facilement, vous pouvez prêter 25$ ou 50$ à une personne qui va pouvoir commencer un commerce ou un projet scolaire par exemple, et ça marche même trop bien ! Si comme moi ça vous semble aussi incroyable qu’excitant de pouvoir aider significativement le projet d’une personne à l’autre bout du monde en lui prêtant une somme assez modeste pour nous, foncez sur ce bouquin ! Bienvenue dans le Flat World :)

Peter Pan et le refus du monde adulte

Samedi 20 janvier 2007

Peter Pan Je viens de terminer la série Peter Pan dont mon frère m’avait offert les premiers tomes à Noël. Oubliez vos souvenirs, l’histoire que nous raconte Loisel se termine là où le conte original pour les enfants commence. Cette BD est riche en réflexions d’adulte autour de cet enfant qui ne veut pas grandir et de ses amis en quête d’une maman. On y trouve même un intriguant parallèle entre Peter Pan et Jack l’Éventreur.

Série en 6 tomes, à lire absolument !

Une chronique par ici, et la page de Wikipedia par là :)

Bulle d’un soir

Samedi 13 janvier 2007

Voilà une petite recette pour un vendredi soir reposant, histoire de changer. Ingrédients :

  • une bonne bande dessinée (ce soir j’ai entamé USS Nebraska de la série Sanctuaire, excellent tome)
  • une musique qui va bien avec la BD. Vu l’ambiance abyssale de Sanctuaire, j’ai pris le premier Kaly Live Dub avec ses sonorités lointaines et ses basses profondes.
  • un bon casque Hi-Fi, pour s’immerger complètement dans l’univers musicale tout en lisant la BD
  • une grosse poire pour se vautrer dedans et un pouf pour poser les pieds. Ça c’est pour le confort ! :) Ça doit marcher avec un bon canapé aussi je pense…

Avec ça vous êtes parti pour une bonne heure dans un autre univers visuel et musical, pour peu que le scénario de la BD soit bien ficelé, ça vaut de loin un bon film !

Je recommande vivement aussi de lire Le Sommeil du Monstre d’Enki Bilal avec 100th Window de Massive Attack au casque, c’est terrible !

Update : le deuxième tome de Sanctuaire avec Wild Life Documentaries de Deadbeat, ça rend bien aussi :p

Poursuivre l’innovation

Vendredi 21 juillet 2006

Intéressante lecture que ce "Harvard Business Review on Innovation". Ce livre est composé de huit des meilleurs articles publiés dans la revue de Harvard.

A chaque fois, l’objectif est le même : démystifier l’innovation, analyser où et comment on peut la rechercher et la provoquer. Quelques points intéressants à garder à l’esprit :

  • l’image du vieux savant fou au fond de son laboratoire est à oublier. De ma propre (petite) expérience, les meilleurs idées qui me sont venues à l’esprit vinrent à des moments informels, où je n’y réfléchissais pas forcément.
  • le contexte est lui aussi très important. Il faut veiller à limiter au maximum les barrières à la prise d’initiative, et créer un contexte favorable pour que ces initiatives trouvent un echo et ne restent pas isolées
  • enfin, probablement un des points les plus important : une innovation est très souvent une innovation en terme de modèle économique. Le positionnement des produits est très important (notamment sur l’expérience de l’utilisateur dans le cycle de vie du produit et ses critères d’utilisation). A ce titre, l’exemple frappant est celui de StarBucks transformant un produit banal - le café sur lequel reignait une guerre des prix - en un produit émotionnel (avec de meilleures marges), une expérience à vivre, à travers ses  cafés haut de gamme et salles où l’on vient passer un bon moment.

Ce fut l’occasion aussi de relire un article écrit par Clayton M. Christansen (que j’avais évoqué ici dans un billet) sur les innovations "disruptives" et le challenge qu’elles représentent pour une entreprise. Je ne cesse de garde à l’esprit sa vision sur les valeurs et les processus d’une enteprise. Lorsqu’une entreprise dispose d’une forte culture à travers ses valeurs et ses processus en place, Christansen explique que les capacités de cette entreprise définissent aussi ses incapacités, notamment celles de réagir face à une innovation "disruptive". Même avec d’importantes ressources (financières et humaines), changer la culture, et donc les valeurs et processus d’une enteprise est extrêment difficile. Son livre The Innovators Dilemma est un must-read !

Je réalise, alors que nous commençons à structurer notre entreprise, à quel point les valeurs et les processus que nous allons mettre en place vont s’avérer cruciaux pour l’avenir (ce qui définit les capacités d’une entreprise définit aussi ses incapacités !).

The Harvard Business Review on Innovation est donc une très bonne lecture pour ceux qui cherchent à comprendre les mécanismes favorisant l’innovation. Vivement conseillé aux entrepreneurs ayant soif d’innovation. Ou à ceux enfermés sur des marchés où reignent une vive concurrence, et qui souhaitent trouver des opportunités pour explorer de nouveaux espaces.

Trop tard ou pas ?

Samedi 31 décembre 2005

J’ai fini de lire le livre The Innovator’s Dilemma de Clayton Christansen dont je parlais il y a quelques temps. J’y abordais le secteur de la téléphonie via Internet. Mon avis s’est trouvé conforté à la lecture de ce bouquin. Et ce n’est pas les dernières nouvelles de Free et Neuf Cegetel annoncant des communications gratuites vers la plupart des pays d’Europe, d’Amérique du Nord ou meme d’Asie qui vont me faire changer d’avis.

Mais ce n’est pas cet exemple auquel j’ai immédiatement pensé après avoir fini le livre. C’est la situation de MySQL sur le marché des bases de données qui m’est venue à l’esprit. C’est frappant à quel point l’émergence de MySQL rentre exactement dans le schéma que décrit Christansen à propos des innovations dites disruptives.

Pourtant, on ne peut pas dire que MySQL soit une révolution technique en soit dans le domaine des bases de données. En fait, dans les exemples que donne Christansen, on trouve bien sûr des vrais révolutions techniques (dans le domaines aussi variés que les différentes tailles de disques dur, les pelleteuses à cable vs hydrauliques ou le commerce de détail vs la grande distribution), mais on trouve aussi un certain nombre d’innovations qui sont en fait des simplifications de l’offre du marché. C’est dans cette catégorie que je range MySQL. Alors, ça marche comment ?

Typiquement, ça commence avec un produit simplifié et moins cher. Exactement ce qu’était MySQL 3. Imaginez, une base de données sans vues, sans clefs étrangères, sans procédures stockées, qui aurait voulu faire tourner une entreprise avec ça ? Probablement aucun ou peu d’utilisateurs d’Oracle ou de SQL Server n’était intéressé quand MySQL est apparu sur le marché. Mais MySQL avait déjà d’autres qualités : le prix (en l’occurence, la gratuité), la simplicité et le peu de ressources nécessaires pour faire tourner le serveur. Exactement ce dont avait besoin le marché des petits et moyens sites Web lorsque les sites "dynamiques" ont émergé et sont devenus légions.

C’est là un des points importants du livre. Beaucoup d’innovations disruptives commencent dans des petits marchés à part du marché principal, les deux ayant deux visions différentes des qualités nécessaires pour un SGBD afin d’etre utilisable. Ici, le marché des sites Web et celui des gros comptes clients d’Oracle ou de SQL Server ont clairement des besoins différents, et ce que eux jugent comme des défauts est exactement ce pourquoi le marché des sites Web apprécie MySQL. Chaque marché à ses propres valeurs et dans le schéma que décrit The Innovators Dilemma, le marché principal et le marché restreint dans lequel évolue au début l’innovation disruptive ont souvent des valeurs diametralement opposées : ce que l’un juge comme un défaut est jugé comme une qualité par l’autre.

Ces différences de valeurs sont très importantes, et dangereuses pour les leaders du marché. Car c’est justement en appliquant les meilleurs techniques de management, à savoir surtout en écoutant de très près et en suivant ce que leurs disent leurs clients qu’ils ratent ce genre d’innovations, puisque ces clients en général jugent comme des défauts ce qui fait la force de ces innovations. La stratégie de défense du leader est donc souvent de continuer à écouter leurs clients et de compléter leurs produits en fonctionnalité.

Comment la situation évolue alors pour passer d’un marché restreint dans lequel évolue MySQL à un statut de leader ? L’explication que livre Christansen se base sur l’étude des courbes de fonctionnalités de l’innovateur (A), de la demande du globale du marché (B) et des leaders (C). Deux conditions sont alors nécessaires pour qu’un petit innovateur vienne renverser les leaders :
- la courbe A progresse plus vite que la courbe B,
- la courbe C évolue au dessus de la courbe B.

C’est éxactement ce qui se passe ici :
- MySQL a considérablement rattrapé son retard avec les versions 4 et 5, rejoignant ce qu’attend le marché comme standard pour un SGBD (vues, procédures stockées, clefs étrangères entre autre)
- Oracle est probablement dans une situation où leur produit surpasse de loin ce qui est demandé par le marché de manière globale, ne satisfaisant efficacement qu’une petite partie du marché, les très grands comptes. Ce faisant, ils glissent vers le haut du marché, laissant un vide où MySQL peut s’engouffrer et sortir de son marché niche.

Pourquoi Oracle ne s’est-il pas lançé sur le marché qu’occupait MySQL dès le départ ? Probablement, comme l’explique le livre, qu’il s’agissait d’un marché trop petit pour répondre à ses besoins de croissance, en plus du fait qu’il répondait à un système de valeurs complètement différent. Une bonne partie du livre s’attache à expliquer comment gérer au sein de l’organisation ces différences de valeurs.

Le jeu se termine quand la courbe A croise la courbe B. Celui qu’on considérait comme un petit est alors en mesure d’innonder le marché principal et de combattre les leaders. Ces derniers se retrouvent alors au pied du mur : soit ils continuent à se déplacer dans le haut du marché (et bien souvent c’est la porte de sortie), soit ils arrivent à descendre dans le marché, exercice très difficile même si l’entreprise en a les ressources, car cela implique un changement profond dans les valeurs de l’organisation.

Mon interrogation est donc de savoir si MySQL 5 n’est pas le produit qui vient croiser la demande du marché, car en terme de fonctionnalité, il semblerait bien que ce soit le cas. L’autre indice qui me fait penser cela, est la sortie par les grands éditeurs de version light de leur produit afin de contrer MySQL, comme le signale Nexen. Cela sonne comme un aveu que MySQL répond à la demande de leur marché à eux et qu’il est temps de réagir. L’avenir nous dira si leurs réactions est trop tardive ou pas…

Aveugles, les géants ?

Mercredi 26 octobre 2005

Il y a peu de temps, en traversant une galerie marchande, une charmante vendeuse m’interpelle pour me vanter les mérites de la nouvelle offre de téléphonie de Neuf-Cegetel, en commencant par me demander quelle offre j’utilise pour mes appels. Naturellement, je lui répond que tout mes appels se font depuis la Freebox car c’est gratuit : elle n’avait pas la Freebox dans sa liste des offres de téléphonie, et ne semblait pas connaitre cette offre !

Je suis actuellement en Nouvelle-Zélande jusqu’à mi-janvier. A ma grande surprise, on m’a raconté ici une histoire à peu près similaire. L’opérateur historique menant une enquête au téléphone pour connaître les attentes de ses clients pour les appels internationaux, il s’est avéré qu’ils n’avaient pas Skype sur leurs listes !

Est-ce juste une manière de nier la vérité et de ne pas reconnaître que des précurseurs comme Free avec sa Freebox ou Skype constituent un danger réel, ou est-ce réellement de l’aveuglement ? Je n’arrive pas à croire qu’ils ne prennent pas au sérieux ces nouvelles formes de téléphonie via Internet…

En ce moment je lis un bouquin très intéressant, The Innovator’s Dilemma, qui traite notamment de la différence entre sustaining innovations et disruptive innovations. Il y explique comment même des géants appliquant les meilleurs techniques de management peuvent se casser la gueule sur des innovations disruptives. Typiquement, ces innovations offrent moins que ce qu’attend le marché établi sur lequel opèrent les leaders qui continuent alors à écouter leurs clients avec les technologies existantes. Jusqu’au jour où l’innovation en question est en mesure d’etre compétitive dans le marché principal, et les leaders se retrouvent alors avec un gros retard.

Plus je lis ce bouquin, et plus je pense que c’est ce qui se passe avec la téléphonie via Internet. C’est encore terré dans un marché de niche, à savoir les adeptes d’Internet, disposant qui plus est de haut-débit. Cela fonctionne bien de PC à PC, de meme que de PC à poste fixe avec SkypeOut (que j’utilise de Nouvelle-Zélande vers la France, sans aucun problème). Tout ça soit gratuitement, soit à un prix sans commune mesure avec les tarifs internationaux de France Télécom. Quand SkypeIn ne sera plus en béta et qu’on pourra disposer d’un numéro fixe sur notre PC, ils seront en mesure d’affronter le même marché que France Télécom. Si on ajoute le fait que selon l’ARCEP le dégroupage total fait perdre à France Télécom environ 10 000 abonnés par semaine, on peut dire qu’ils ont réellement du souci à se faire.

Je n’en veux pas particulièrement à France Télécom, je m’inquiète surtout de savoir qui se chargera de l’effort de généralisation du haut-débit jusque dans les campagnes reculées, de même que de l’entretien des lignes, si ils commencent à perdre leurs bastions.

A suivre…

Mangez du Lessig !

Samedi 4 septembre 2004

Je viens à l’instant d’avancer dans Free Culture, le troisième livre de Lawrence Lessig. Que dire .. c’est vraiment excellent !

Le passage que je lisais à l’instant expliquait comment la technologie a bouleversé le champs d’action du copyright, en prenant un livre quelconque comme exemple et tous les usage que l’on peut en faire (la lecture, le prêt, la copie, la citation, …). Lessig montre alors pourquoi la catégorie des usages non-régulés par la loi s’est éffondrée, laissant ainsi à la catégorie qu’il appelle "fair-use" (je traduirais par "usage tolérés") une charge qu’elle n’avait pas auparavant. Au final, c’est la catégoie des usages régulés qui s’est considérablement agrandie …

Autre explication très interessante, celle des quatres composantes intervenant dans la régulation d’une ressource: la loi, le marché, les normes et l’architecture. Un des exemples montre comment le marché, du fait de la compétition, prévient d’utilisations abusives de la loi.

Raaah, je meurs d’envie d’en raconter plus, mais ce serait pas marrant … Si vous voulez mieux comprendre ce qui se passe autour de l’Internet et les propriété intellectuelle, foncez sur les bouquins de Lessig ! :)

The future of ideas

Mercredi 7 juillet 2004

J’ai (enfin) fini de lire le second bouquin de Lessig, The future of ideas - The fate of the commons in a connected world.

Je ne cache pas que ce bouquin fut une "révélation" pour moi, tant il contient des notions qui ne m’étaient pas familières, notamment en terme de propriété intellectuelle et de gestion de ressources dans une société. Et tant ces aspects théoriques viennent appuyer la reflexion de Lessig sur l’Internet tel qu’il était hier, qu’il est encore aujourd’hui heureusement, mais qu’il ne sera sans doute plus demain si la tendance actuelle se poursuit.

Car ce qui ressort principalement de ce livre est la grande fragilité de l’Internet. Cette tendance actuelle, agissant à la fois sur des aspects techniques et légaux, modifie en profondeur l’Internet, détruisant à petit feu les principes fondateurs (et notamment celui de neutralité et de non-discrimination qu’est le end-to-end) qui ont fait de l’Internet ce qu’il est. Mais aucune loi n’assure que ces principes doivent être conservés, et c’est en cela que l’Internet est très fragile. Le premier livre de Lessig résume bien cet aspect: "Code is law".

Pourquoi cette tendance à modifier l’Internet est-elle très dangereuse ? Au fond, on pourrait croire que tout continuera comme avant. Ces changements sont surement trop récents pour en voir toutes les conséquences. Mais ce serait oublier une chose qui caractérise l’Internet, et qui le rend aussi attractif: l’Internet est une vaste plate-forme où l’innovation foisonne comme on ne l’avait jamais vu auparavant dans notre société.

Et cette innovation est justement la première victime des changements qui sont opérés, notamment car elle nait des principes cités auparavant, et que ceux-ci sont menaçés par ces changements. L’autre aspect qui affecte sérieusement l’Internet est le renforcement de la propriété intellectuelle, et là les conséquences vont au delà de l’innovation sur l’Internet, et s’étendent à notre culture de manière générale. Au final, c’est une véritable lutte contre l’innovation qui est mise en place par ceux qui ont le moins d’interêt à ce que cela change, utilisant moyens techniques et légaux pour se protéger. Une citation du livre analyse cela: "We have invented technology to eliminate scarcity, but we are deliberately thrwoing it away to benefit those who profit from scarcity" (John Gilmore).

Mon sentiment à la suite de ce livre est partagé.

D’un côté, plutôt content. Je trouve vraiment formidable ce que l’on a fait avec l’Internet. Un peu fasciné qu’on ait pu créé une plateforme donnant lieu à autant d’innovation, fasciné par ces innovations en elles-même aussi. Content car je me dis que nous sommes capables de faire des choses bien des fois …

Mais d’un autre côté, ce livre ne donne pas vraiment envie d’être optimiste pour l’avenir. Parceque ces changements ont lieu sans aucune concertation, sans aucune réflexion. Plutôt que de chercher à en comprendre l’impact, on (les gouvernements et juristes surtout) préfère écouter les lobbys, et à ce petit jeu les grandes industries du cinéma et de la musique entre autre sont largement gagnantes. Pessimiste, car qui défends l’Internet ?

Si il y a bien des initiatives à soutenir, ce sont à mon avis celles du mouvement libre et celle de Creative Commons par exemple. Car les solutions proposées par Lessig pour revenir à une balance plus équilibrée ne sont pas à notre portée de simple citoyen. Certains me répondront que le droit de vote est une possibilité. Mais comme le fait remarquer Lessig, du moins aux Etats-Unis, ce n’est pas une question de gauche ou de droite, mais bien une question d’anciens contre nouveaux, en terme d’innovation.

Au fond, je souhaiterais vraiment agir. Il n’existe pas à ma connaissance de structure comme l’EFF en France. C’est à mon avis un manque à combler, pour défendre l’Internet. Et il y a urgence, car c’est en ce moment que cela se passe.

En attendant, à tous ceux qui apprécie l’Internet, plus ou moins conscients de ce qu’il apporte, je recommande vraiment la lecture de ce livre.

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