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December 16, 2005 - Christchurch, New Zealand

Archive de la catégorie Web

Webwag et le Widget On Demand

Dimanche 11 février 2007

Je viens d’essayer la nouvelle killer feature de Webwag qui permet de créer des widget à la volée, et c’est pour le moins bluffant. Très simplement :

  1. Vous entrez une URL (j’ai testé avec mon profil last.fm)
  2. Vous sélectionnez une zone sur cette page avec un bête rectangle de sélection, comme dans MS Paint !
  3. Vous validez, et un widget apparait sur votre page webwag avec le contenu sélectionné (ce n’est pas une image mais bien du HTML)

Webwag, exemple de Widget On DemandBon c’est pas encore tout à fait au point (le contenu de mon profil a bougé, et du coup le contenu de la zone sélectionnée a changé, il faudrait qu’ils permettent de sélectionner une zone en se basant sur DOM, un peu comme dans le DOM Inspector de Firefox).

Cela dit, c’est une très bonne idée, et cela prouve que même si ils sont arrivés bien après, Webwag n’est pas qu’un simple suiveur de Netvibes, mais bien un concurrent sérieux. Je n’arrive pas à cerner quel sera le modèle économique de ces pages personnalisables, mais j’imagine que l’étape obligée c’est de toucher le gand public avec un produit le plus simple à utiliser (que ce soit pour des mécanismes d’affiliation ou mise à disposition en marque blanche à des sites plus grand public). Et dans cette optique, le Widget On Demand permet à Webwag de prendre de l’avance.

Pour ma part je préfère tout de même Netvibes, que je trouve notamment plus léger (sic), moins austère.

Oubliez le Web 2.0 : prenez en main votre vie numérique !

Dimanche 4 février 2007

Imaginez un monde où vous n’avez pas de chez vous. Un monde où vous dormez chez votre voisin Dupont, où vous faites votre cuisine chez Dupond. Vous utilisez la salle de bain de Durant et quand vous voulez bricoler dans un garage, vous vous rendez chez Durand. Pour le barbecue, c’est dans le jardin de Martin que ça se passe. C’est Henri qui gère votre boîte aux lettres et, cerise sur le gateau, vous ne possedez même pas de carte d’identité : ce sont les gens chez qui vous allez qui vous identifient.

Ce monde est encore plus triste que cela : non seulement vous n’êtes pas le seul dans cette situation, mais en plus seule une poignée de Durant et de Dupont accueillent l’ensemble de la population. Vous êtes dépendant d’eux, et ils savent tout de votre vie.

Monde irréaliste ? Je dirais même surréaliste. Et pourtant, ce monde que je décris, c’est le Web tel qu’il se présente actuellement. Si la notion de vie numérique est désormais courante, il faut bien dire qu’une minorité seulement contrôle la sienne. La grande majorité des internautes n’a pas de chez-soi numérique. Pour toutes les actions courantes d’une vie numérique, l’internaute 2.0 est tributaire d’autres services. Il gère ses photos avec flickr, ses mails sur GMail, ses bookmarks avec delicious, ses flux RSS et autres avec Netvibes, sa musique avec last.fm, son blog avec Typepad et ses flux avec Feedburner. Dans ce monde 2.0, tout se passe comme si se construire ou accédez à un chez-soi était inaccessible ou réservé à une minorité.

Mon chez moi virtuel, c’est kiad.org. Non seulement je veux y gérer ma vie numérique (blog, photos, musique, syndication de contenu, etc.), mais en plus je veux en garder une trace pour que dans 30 ou 40 ans je sache que le 3 février 2007 à 23h45 j’étais en train d’écouter Wembley’86 de Queen et que je venais de poster un billet sur ma vision du Web. Cette vie numérique et la masse de données qu’elle représente, je veux la gérer moi-même et non pas la confier à des tiers dont le seul but est de mieux me connaître pour mieux me vendre leurs produits. Je ne tolère guère cela dans le monde réel, cela ne me plait pas plus dans ce monde virtuel.

Je ne vois pas vraiment d’obstacle technique à contrôler sa vie numérique, on commence d’ailleurs à en voir les prémices avec OpenId entre autre. Cette problématique commence à pointer, notamment à travers les discussions sur le contrôle des données personnelles. Mais le vrai obstacle je pense vient des internautes eux-même qui n’éprouvent pas le besoin de ce contrôle. Du moins, pas encore. Je suis persuadé qu’un jour viendra où tout internaute, en tant que cyber-citoyen, exigera de pouvoir contrôler sa vie numérique, et de disposer d’un chez soi virtuel, pour les même raisons que les questions de vie privées sont importantes dans le monde réel. On disposera alors d’un Web vraiment décentralisé, où les utilisateurs auront réellement le contrôle, et où les services communautaires que l’on connait aujourd’hui ne seront que des interconnexions entre les chez-soi virtuels des internautes.

Cette évolution que l’on pourrait qualifier à juste titre de Web 3.0 n’interviendra certes pas en quelques mois. Mais même si le Web est jeune, il évolue très rapidement, et on peut raisonnablement penser qu’il s’agit d’une question de quelques années.

Cela dit, pour conclure sur une note moins positive, gardons à l’esprit qu’en cette période hivernale beaucoup n’ont même pas de chez-soi dans notre monde bien réel lui. J’en suis bien conscient en utilisant cette comparaison. Je suis pas sûr que le terme de fracture numérique soit bien suffisant pour décrire cela. C’est un autre débat…

OpenId montre la voie de la décentralisation

Jeudi 4 janvier 2007

Je viens de découvrir OpenId via les prédictions de Fred Cavazza, et je suis plutôt satisfait et enthousiaste vu ce que cela apporte.

Il s’agit d’un système d’identification décentralisée à l’aide d’une URL où se trouve un serveur permettant de saisir son login et mot de passe. Concrêtement, je m’identifie en tant que kiad.org (je suis kiad.org !). Dans la section head de l’URL http://kiad.org se trouvent deux liens indiquant l’adresse du serveur d’identification. Ainsi, un service Web tiers peut me demander mon OpenId. Je suis alors redirigé vers l’URL du serveur où je saisis mon identifiant et mot de passe, puis redirigé à nouveau vers le service tiers. Simple comme bonjour.

Des services proposent de se créer un OpenId comme MyOpenId, et les plateformes de blog vont sûrement bientôt proposer ce service pour en simplifier encore l’utilisation. Pour les geeks, vous pouvez aussi installer votre propre serveur (j’utilise par exemple phpMyId).

À mon avis, cette techno est promise à un bel avenir. Plusieurs raisons à cela :

  • suite à mes réflexions sur le contrôle de nos données personnelles, il me semble évident qu’avant d’imaginer un contrôle sur les données personnelles, il faut déjà disposer d’un système de contrôle de son identification.
  • je ne supporte plus que des sites stockent mes mots de passe en clair, voire me les renvoient par mail comme si de rien n’était
  • j’adore mémoriser des mots de passe compliqué de 8 caractères, j’en ai en permanence une demi-douzaine en utilisation. Mais j’en connais qui s’en porterait pas plus mal si il n’avait qu’un seul mot de passe à retenir pour toutes les utilisations de services Web. C’est ce que devrait permettre OpenId
  • s’identifier personnellement à son URL est devenu presque naturel. Les blogs poussent à se construire une identité virtuelle, et l’URL est le meilleur moyen de la représenter
  • OpenId peut permettre de résoudre le problème de l’usurpation d’identité, notamment dans les commentaires de blog par exemple

OpenId me semble être la techno qui va amorcer une vraie décentralisation des services Web. Si je contrôle mon identification, il ne sera plus très difficile de contrôler aussi les données personnelles que l’on souhaite communiquer. Et à partir du jour où ce ne seront plus les services Web qui contrôleront nos données, mais l’inverse, alors on pourra travailler à un Web décentralisée.

Reprenons l’exemple de last.fm, ce n’est pas excessivement compliqué en utilisant Amarok par exemple d’envoyer sur son site perso ses statistiques de musique. À partir de là, peut-on imaginer de reproduire de manière décentralisée, où chacun contrôle ses informations, les fonctionnalités de suggestions et de voisinages utilisateurs de last.fm ? Je ne pense pas que ce soit impossible.

Cela fait longtemps que j’en rêve (j’en parlais en 2004 à propos de la recherche), mais je suis persuadé qu’un jour on saura construire des last.fm ou des flickr complètement décentralisés, avec les mêmes fonctionnalités communautaires. Je ne crois pas à l’avenir des sites communautaires centralisés, du moins à long terme. Si on commence à vouloir contrôler son identité, on voudra contrôler nos données personnelles, puis nos services en ligne. Ça ne se fera peut-être pas rapidement, mais ça se fera. J’espère que ce sera ça le Web 3.0 !

Web 2.0 : quelle valeur pour la participation de l’utilisateur ?

Vendredi 1 décembre 2006

On voit de plus en plus de réflexions autour de la question de la valeur du travail des utilisateurs de services 2.0 basés sur le User Generated Content. Je pense notamment à l’exemple frappant de Digg et la moitié du contenu généré par une poignée de gens. Je ne crois pas qu’il y ait beaucoup de sites 2.0 basés sur l’UGC qui rémunèrent leurs meilleurs participants. La question de la rémunération est très intéressante, je vois deux pistes de réflexion.

Espèces sonnantes et trébuchantes

En effet, si quelques personnes contribuent de manière significative à Digg, pourquoi ne seraient-elles pas rémunérées ? Il semblerait que l’expérience ait été menée sur le portail netscape.com, sans grand succès apparamment. Cela dit, comment identifier ces meilleurs contributeurs ? Faut-il d’abord qu’ils fassent leurs preuves avant de prétendre à un paiement ? Quid des 99% qui auront contribué sans atteindre un seuil significatif pour espérer se voir rémunérer ? Comment peuvent-il contrôler la valeur de leur travail ?

Sur ce sujet, les mondes virtuels comme Second Life me semblent très en avance. Quel rapport avec le Web 2.0 ? Tout d’abord, lorsque vous contribuez dans Second Life, tout ce que vous créez vous appartient légalement (les conditions générales des sites Web sont souvent moins généreuses). Ensuite, vous êtes en mesure de tirer profit de votre création, en récupérant de l’argent sur votre compte grâce à une correspondance entre monnaie virtuelle et réelle.

Quel est le métier de ceux qui vivent de leur activité dans Second Life par exemple ? N’est-ce pas de produire du divertissement pour les autres résidents du monde virtuel ? Est-ce une fonction si éloignée des producteurs de médias (blog, vidéos, etc…) qui servent les autres visiteurs des services 2.0 ?

Gestion des données personnelles

Il me semble que c’est sur ce point où il y a le plus de solutions à imaginer. Le Web 2.0 s’apparente à mes yeux de plus en plus comme une vaste machine destinée à en savoir plus sur vous pour toujours mieux cibler les publicités. C’est ce qu’évoque Karl en parlant d’Esclavage 2.0 mais aussi Ecosphere qui évoque “une effroyable usine à gaz”.

Prenons par exemple last.fm, service que j’apprécie beaucoup. D’un côté de la balance, je bénéficie d’un service qui donne des stats sympas sur ce que j’écoute, me permet de découvrir des “amis musicaux” et bien sûr de nouveaux sons. De l’autre je donne à last.fm une masse d’information sur mes gouts musicaux, et ainsi sur une part de ma vie. Je n’ose pas imaginer la richesse des informations qu’ils pourront extraire lorsque plusieurs dizaines d’années de ma vie musicale auront été compilées dans leur base de données. Je ne parle ici que de musique, mais combiner plusieurs services permettra sûrement à une machine de mieux me connaître que moi (ce qui d’ailleurs me fait craindre une concentration trop importante des services).

Alors, de quel côté penche la balance ? Le service est-il si gratuit qu’il n’y parait ? Je reçois un outil de stats sympa contre des informations sur ma vie : il y a bien un système d’échange de valeur. À la différence près que dans la majorité des cas si le service peut négocier ce qu’il donne (il maîtrise le code - code is law), l’utilisateur lui n’a pas de moyen de négociation dans le deal : soit il accepte ce que propose le service (via les conditions générales notamment), soit il n’en bénéficie pas.

J’entends par négocier être en mesure d’indiquer quelles données personnelles le service sera autorisé à exploiter, comment, et avec qui. Je lisais récemment Code : and others law of cyberspace (dont je recommande vivement la lecture) et bien que datant de 1999, Lawrence Lessig y évoquait déjà cette piste, notamment avec l’utilisation de P3P (je n’ai pas encore exploré cette techno hélas). On pourrait imaginer des outils intégrés au navigateur permettant de négocier avec le service Web l’usage de nos données personnelles. Si l’économie du Web, poussée par le marché publicitaire visant des cibles de plus en plus précises, continue à évoluer dans cette orientation où la monnaie d’échange réelle sont les données personnelles, alors il ne me semblerait pas choquant que celui qui possède cette richesse soit en mesure de négocier sa valeur.

D’autres pistes ?

On associe souvent à l’idée de Web 2.0 la notion de participation de l’utilisateur. J’ai essayé ici de distinguer deux formes de participation, à savoir le travail de création pure et l’envoi d’informations sur soi-même. Bien que je ne vois toujours pas en quoi cette notion est nouvelle sur le Web, je pense effectivement qu’elle prend de plus en plus d’importance, et qu’à se titre il conviendra tôt ou tard de réfléchir sur la valeur de cette participation. Je ne suis pas convaincu que la valeur apportée par les services Web 2.0 compense toujours celle de la participation de l’utilisateur, surtout quand on réfléchit à long terme. Et à ce titre, il faudra sûrement envisager de permettre à l’utilisateur de contrôler la valeur qu’il apporte. J’ai évoqué ici deux pistes, il en existe sûrement d’autres à inventer.

Forum PHP 2006 à Paris

Vendredi 10 novembre 2006

Pour la première fois j’ai pu assister au Forum PHP organisé par l’AFUP (sauf jeudi après-midi hélas, rendez-vous important pour Olient, j’en reparlerai !). Dans l’ensemble je suis plutôt satisfait, les conférences étaient intéressantes ! C’est sympa de voir tant de gens connus (Rasmus Lerdorf, Zeev Suraski, Derick Rethans et Andrei Zmievski pour ne citer qu’eux). Voilà un petit résumé.

Rasmus et les performances

Tout d’abord, la conférence de Rasmus jeudi matin était excellente ! Le personnage est vraiment intéressant à écouter, ses slides très vivantes (sympa les démos utilisant flickr en live). J’ai adoré l’exercice consistant à réduire le nombre de serveurs sur son benchmark, très simplement en fait. Rasmus n’a qu’une chose en tête : les perfs. Les questions qui lui ont été posées à propos des frameworks ou solutions de templates étaient intéressantes de ce point de vue là. Concernant les templates, je m’attendais à sa réponse (PHP est une solution de template en soi), un peu moins concernant les frameworks. Il ne recommande pas l’usage d’un framework généraliste en l’état pour des raisons de performances. Deux solutions selon lui : soit vous écrivez le vôtre adapté pour votre projet, soit vous partez d’un framework et vous faites le ménage et l’optimisez pour votre projet.

Zeev et les chiffres

L’intervention de Zeev Suraski dans la conf pour Zend était intéressante aussi, notamment l’explication du récent accord entre Microsoft et Zend. Microsoft souhaite tout simplement qu’à défaut d’utiliser leur solution ASP/.net, vous utilisiez en production PHP sous Windows et IIS. Cela dit, le sondage à mains levées dans l’audience (~180 personnes) fut révélateur : la moitié utilise Windows pour développer en PHP, mais aucune main levée pour l’utilisation en production !

On notera que Zeev a soigneusement esquivé la question du taux de pénétration de PHP 5. Celui-ci tourne autour de 10% selon les stats de Nexen, ce qui est très loin d’être une réussite, je parlerais plutôt d’échec. Je suis étonné que personne n’évoque ce sujet : même dans les commentaires sur ces stats tout le monde semble satisfait. Sachant que PHP 5 est sorti il y a plus de deux ans, il y a de quoi se poser des questions. C’est d’autant plus inquiétant que de nombreux hébergeurs ont mis du temps à mettre en place PHP 5, et surtout beaucoup l’ont fait à moitié si j’ose dire, en mettant en place une extension .php5, ce qui ne facilite guère la migration (quelle regression par rapport au changement en .php lors de PHP4). Bref, au lieu de ça on eu droit au chiffre de 70% des nouveaux projets des clients de Zend écrits en PHP 5. Bon après tout, c’était une conférence décisionnelle et surtout commerciale.

Conflits de qualité !

L’autre conférence que j’ai adorée est celle de Miguel Lopez à propos de la qualité de code et de son outils PHP Meter. D’abord, car mon stage de 3e année à Thales était similaire, mais avec le langage Ada 95 et l’outil gnatmetric, et je trouve le sujet très intéressant. Ensuite, parceque le bonhomme assez atypique m’a bien fait rire pendant une heure. Mais au delà de ces détails, j’ai trouvé son propos très pertinent, surtout à propos des codes producteurs ou consommateurs en fonction de leur couplage. Il en résulte différents types d’architectures quand on analyse un projet, des projets à fort couplage type spaghettis pour reprendre son terme, au projet idéal en terme de génie logiciel avec un micro-kernel pour reprendre là aussi son image. Mais ce qui était vraiment intéressant, c’est qu’il n’était pas là pour dire que l’un était bien et l’autre mal ou que l’objet est mieux que le procédural. Non, le message qu’il voulait faire passer était qu’il y avait nécessairement des conflits de qualité, dans le sens où les projets peuvent avoir des objectifs différents et donc la manière de juger la qualité sera différente. J’ai trouvé le propos bien venu, surtout après la conférence et le discours très pragmatique de Rasmus sur les performances, et la présentation très orientée génie logiciel à propos des designs patterns en PHP5.

Et aussi….

Enfin, j’ai apprécié la présentation sur les tests unitaires, même si je n’ai pas trouvé les chiffres si impressionnants que ça finalement. Avec Vincent on se souvient qu’on avait plus de 1000 tests unitaires début 2005 sur hariCow (entre temps Equideo et Olient sont passés par là et il y a eu du laissez-aller, mais c’est une autre histoire…). Les 400 tests du Zend framework me semble donc pas exceptionnels. Par contre, j’ai été bluffé par la démo de couverture de code ligne par ligne avec XDebug. Il faut absolument qu’on essaye ça sur Equideo et hariCow !

Conférence sympa aussi sur ezComponents par Derick, j’aime bien le principe de composants utilisables séparément à sa guise, pas de framework ou de structure lourde derrière. J’en connais un que cela fait réfléchir…. Et enfin, conférence d’Andrei assez technique mais agréable à suivre à propos d’Unicode dans PHP 6. On voit bien que c’est un gros chantier, mais le résultat est très convaincant !

Voilà pour le tour d’horizon et mes impressions. Merci à l’AFUP pour l’organisation, c’était pas mal !

PHP chez Yahoo!

Mercredi 1 novembre 2006

Suite à une discussion où on m’a encore sorti que PHP était un langage pour les étudiants/universitaires, j’ai ressorti les slides d’un ingénieur de Yahoo! qui présentait la migration de Yahoo vers les technos open-source.

C’est assez intéressant de voir les contraintes qu’ils ont, leur tour d’horizon des différentes technos envisageables et leurs critères de sélection, ainsi que l’évolution de leur architecture. Parmi les critères, je retiens entre autre l’apprentissage et la prise en main rapide et facile, ainsi que la communauté. J’ai le sentiment aussi que l’interfacage entre PHP et leurs applis C/C++ semble assez aisé, qu’en est-il avec d’autres langages comme Python ou Ruby ?

Cela dit cette présentation date de 2002, qu’en est-il aujourd’hui ? Eh bien le même ingénieur de chez Yahoo! a fait une présentation en 2006, faisant le point 4 ans après la migration. On y trouve entre autres des conseils sur PHP (performance, sécurité), un peu plus de détail sur leur architecture et un peu d’info sur un des apports majeur de PHP6, à savoir Unicode.

Cette semaine, on vient aussi d’apprendre que le nouveau Yahoo! Bookmarks utilise Symfony, un framework pour PHP 5 développé par une agence française qui semble être le plus proche de Ruby on Rails.

Vous me direz, il ne s’agit que de Yahoo!, mais tout de même cela reste un site de référence, on est loin du langage d’universitaire ou de pages persos ! Voilà qui rétablit un peu mon impression négative sur PHP ces derniers temps… Et pour alimenter le débat, rien de tel qu’un PHP Eats Rails for Breakfast ;)

Kiko Vs Google : les forces de la concurrence peuvent cacher leurs faiblesses

Lundi 21 août 2006

Intéressant débat que celui sur la revente du site Kiko. Il s’agit d’un service Web on ne peut plus 2.0 : Kiko est un calendrier en ligne entièrement Ajaxé, avec Ruby On Rails côté serveur, et supporté par Y Combinator. Kiko a été pour le moins bousculé par le lancement de Google Calendar, et les fondateurs ont décidé de revendre le site sur eBay.

Les réactions sont nombreuses suite à cette décision, notamment sur l’attitude à adopter par une start-up face au géant Google. Deux d’entre elles ont retenu mon attention : celle de Paul Graham et celle de Scott Karp.

Ce qui définit les capacités d’une entreprise définit aussi ses incapacités

C’est une des conclusions que tire Clayton Christansen dans son livre The Innovators Dilemma sur les innovations disruptives. Et c’est précisément ce qui se cache derrière le propos de Paul Graham. La force de Google réside entre autres dans son armée d’ingénieurs-geek-technophile qui sort de nombreux produits. Le Google Day - jour libre des employés pour un projet personnel dans l’intérêt de l’entreprise - y est sûrement pour beaucoup. Mais c’est aussi là que peut se cacher une faiblesse : si Google est bon pour sortir des produits par et pour des technophiles, qu’en est-il du reste ? Le nombre de produits sortis en beta et qui le sont encore est pour le moins révélateur de cette mentalité. Comme le souligne Paul Graham, le champs d’action de Google est probablement plus étroit qu’on ne le pense.

Il est donc important de toujours garder à l’esprit que derrière une force de la concurrence se cache toujours à l’opposé une faiblesse potentielle, quand bien même la concurrence s’appelle Google. Et cela me semble d’autant plus vrai quand la force en question réside dans les valeurs mêmes de l’entreprise, car c’est ce qu’il y a de plus difficile à changer (les ressources s’acquièrent, et les procédures sont moins insurmontables à changer).

Google, le nouveau vieux Microsoft ?

Tout le monde s’accorde à dire que Google est le nouveau Microsoft. À ce titre, l’analyse par Paul Graham de la vraie raison de l’échec de Kiko est intéressante : Google, en intégrant Calendar avec GMail a usé des même techniques que Microsoft avec l’intégration de ses logiciels au système d’exploitation. Et Graham de conseiller aux start-up d’éviter le chemin de Google. Ça, c’est pour la mauvaise nouvelle.

La bonne, c’est la remarque imparable de Scott Karp : If Google Is the New Microsoft, That’s Precisely Why They Shouldn’t Be Feared. Simple comme bonjour, et tellement vrai. Karp évoque même la précarité du statut de leader, et un cycle de changement qui s’accélère. On croyait Microsoft indétronable, et pourtant Google est presque en train de la faire. Alors pourquoi personne n’arriverait à son tour à inquiéter Google ?

Au boulot !

Web vs Brevets logiciels

Lundi 24 juillet 2006

Dimanche midi j’ai eu l’occasion de manger à Paris avec Leanne Markus, la tutrice de mon stage à Auckland en Nouvelle-Zélande. Ce fut l’occasion de discuter sur sa companie qui produit un logiciel de gestion de ressources humaines assez innovant, et de lui raconter où j’en suis de mon côté avec Olient et Equideo (elle attend impatiemment la version anglaise…).

La discussion en est venu au brevet qu’elle a obtenu pour son application, applicable en Nouvelle-Zélande notamment, en m’expliquant que ce brevet courait pour 20 ans. Et on est donc venu à parler propriété intellectuelle… Leanne m’expliquait alors qu’il lui avait fallu 5 ans pour développer le logiciel, et ensuite trouver les clients à qui le vendre, puisqu’elle vise les grands comptes. Plusieurs grosses companies néozélandaises l’utilisent, mais plus récemment c’est surtout l’hôpital de Singapour qui est venu compléter les références, ouvrant les portes de l’Asie du Sud-Est. Pour elle, le brevet est nécessaire vu toutes ces années d’efforts avant de commencer à en récolter les fruits.

J’ai quand même réussi à lui faire reconnaître que 20 ans, même dans son cas, c’est trop long, et que peut être 10 suffisent. Car c’est bien là (avec l’étendu) le point le plus important du brevet : la durée d’application. Reprenons depuis le début.

Le rôle d’un brevet est de favoriser l’innovation. La finalité, c’est l’innovation. La durée d’application n’est qu’un moyen pour atteindre cette finalité. En accordant un monopole limité dans le temps, le brevet doit inciter la personne à exploiter son innovation. Limité dans le temps, pour la simple et bonne raison que toute idée nouvelle est toujours plus ou moins basée sur une idée déjà existante. Si le brevet est trop long, il nuit à l’innovation en empêchant d’autres innovateurs d’améliorer l’idée originale. Si il est trop court, le créateur n’aura pas assez d’assurance qu’il arrivera à vivre de son innovation avant d’être à la merci de concurrents. Toute l’efficacité d’un brevet pour favoriser l’innovation et l’intérêt général réside dans la juste mesure de sa durée.

Leanne me disait donc qu’on aurait tout intérêt à protéger notre concept de jeu en ligne. Ce que ne cesse de me répéter ma mère, qui a peur qu’on nous vole notre idée. Et ce à quoi je réponds : "mais nous aussi on a commençé en repiquant le concept à quelqu’un d’autres !". Le concept de jeu en ligne existait depuis longtemps, et nous avons repris celui du jeu d’élevage de chevaux. Nous l’avons considérablement amélioré, tant le jeu que le modèle économique, preuve en est la réussite d’Olient. Et si quelqu’un venait à faire mieux que nous, je considère que ce serait à nous de reprendre au mieux son amélioration, et de faire à nouveau mieux que lui. C’est le jeu, saine émulation.

Je ne peux pas dire objectivement qu’on aurait eu besoin d’un brevet sur 20 ans. D’autant plus que je ne considère pas vraiment un brevet trop long comme une aide pour l’entreprise, les ardents défenseurs d’une propriété intellectuelle très forte étant souvent ceux qui ont un intérêt à se reposer sur leur laurier et relacher l’effort…

Cependant, si la durée était suffisament courte, je pense qu’un brevet logiciel sur un concept pour le Web pourrait être utile pour inciter plus de monde à se lancer dans l’aventure. A mon avis, une durée de 6 mois à 1 an maximum pourrait être bénéfique pour les innovateurs qui seraient assurés qu’on leur laisse quelques mois pour faire leurs preuves. Ce n’est pas de trop pour lancer un site ou un service sur le Web. Mais le Web évolue tellement vite, trop vite pour accepter des verrous sur certains concepts pendant plusieurs mois. Ce qu’on gagnerait en initiatives d’un côté qui ne serait pas parues sans l’incentive d’un brevet, on le perdrait largement de l’autre : alors que chaque semaine apparait un nouveau service innovant sur le Web, cette durée serait probablement rallongée à quelques mois… Et si le Web était la preuve que le monde des idées n’a pas besoin d’une forte propriété intellectuelle ? Vraiment, je pense que c’est un précieux équilibre qu’il ne faut surtout pas bouleverser avec ce genre de mécanisme qui, si il s’avère efficace dans le monde réel (personne n’a remis cela en question), pourrait s’avérer dévastateur sur le Web.

Rendre un service

Dimanche 2 juillet 2006

Voilà un article très pertinent sur lequel je suis tombé : Pourquoi les chefs de produit ne comprennent-ils rien à Internet ? On retiendra que le contenu prime avant tout. Ce qui au fond n’a rien de nouveau, quiconque a été amené à gérer un site axé sur le contenu aura compris que c’est une clef pour réussir. Mais j’avais surtout gardé en tête à travers quelques expériences de sites à contenu que le but était de faire revenir le visiteur, en apportant toujours plus de contenu pour qu’il n’ait toujours pas fini de tout lire ou regarder.

Cet article éclaire une autre fonction du contenu (qu’il s’agisse de texte, image ou vidéo) : rendre un service à l’internaute. En rappelant que le Web est un média où l’internaute est actif contrairement à la télévision ou la radio, il explique que l’internaute ne vient pas par hasard sur un site. Il est là parcequ’il cherche quelques choses, qu’il a une ou plusieurs questions et qu’il cherche des réponses, ou tout simplement qu’il est à la recherche de nouveaux contenus. Mais dans sa démarche active, il est rare que l’internaute soit à la recherche de pub, et ils l’évitent autant que possible, là où un téléspéctateur est s’est résigné avec le temps à la regarder. D’où l’explication sur l’incapacité des chefs de produits formés pour les médias classiques à exploiter le Web, à trop vouloir y appliquer les bonnes méthodes de médias "passifs" qui s’avèrent inefficaces sur un média "actif". Cette démarche du contenu comme premier pas dans la promotion d’un produit me fait penser à la démarche de Nexen Services avec Nexen.net ou de Globalis avec PHPIndex.com qui apportent un vrai service à l’internaute avec leurs sites d’information ou d’aides autour de PHP. Je sais pas si la démarche est volontaire, mais ça a sûrement de l’effet, ne serait-ce qu’en terme d’image.

L’article ici nous éclaire sur ce point à travers la question du marketing, mais je pense que garder à l’esprit l’idée du contenu comme un service à l’internaute est important, même si vous n’êtes pas là pour vendre un produit ou vivre de la publicité.

Bulle 2.0

Samedi 24 juin 2006

J’aime beaucoup le blog EcoSphère que je suis depuis quelques semaines, pas mal de billets pertinents sur l’économie, l’Internet et le web. Je pense notamment à celui sur Skype et celui sur MySpace. Ça me rassure un peu de lire des points de vue pertinents sur ces problèmes de monétisation, parcequ’il y a des jours je me pose des questions quand même sur cette nouvelle bulle… Tout ce que j’espère c’est que tout le monde a retenu la leçon de la précédente bulle et qu’on ne retombera pas dans les même travers.

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