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Blog d'Olivier Issaly

Sensibilisation aux IHM

A défaut d’avoir eu un professeur digne de ce nom, je dois avouer que nos cours d’IHM l’année dernière nous ont sensibilisé sur ces problématiques axées autour de l’expérience de l’utilisateur (je rejoins Gmooron sur ce sujet). Quelques reflexions intéressantes à ce sujet ces derniers temps :

Vitres de voiture

On s’est retrouvé à débattre du sens des boutons de vitres électriques sur les portières. Lorsque ceux-ci sont horizontaux, vous parait-il plus logique de soulever ou d’appuyer sur le bouton pour faire monter la vitre. Il m’a toujours semblé cohérent de soulever pour monter la vitre, mais on m’a fait remarquer qu’il est beaucoup plus naturel d’appuyer que de soulever un bouton (tout comme on s’attend à pousser une porte de sortie et non la tirer). La question est restée ouverte, il semblerait que c’est surtout une question d’habitude entre les différentes marques…

Ajax et Web 2.0

Plusieurs refléxions à ce sujet avec Nicolas, à propos des nouvelles interfaces ajaxisées. A ce propos, le nouveau webmail de Yahoo! me plait beaucoup, bien plus que GMail. La page d’accueil personalisable proposée par Netvibes aussi. Ces trois services ont en point commun d’utiliser à fond AJAX et de proposer des interfaces nouvelles.

On lit d’ailleurs souvent qu’AJAX augmente l’expérience de l’utilisateur en apportant des interfaces bien plus riches que du classique HTML. Cependant, celui-ci a un avantage : c’est le même pour tout le monde ! Comprendre par là, les interfaces classiques à base de HTML sont uniformisées, dans le sens où lorsqu’on clique sur un lien, on s’attend à l’ouverture d’une nouvelle page (le grand débat il y a un an ou deux sur l’attribut target de la balise a est un exemple du souci d’uniformisation). Les internautes se sont habitués à ces interfaces, et le moins que l’on puisse dire, c’est que les nouvelles interfaces riches à base d’AJAX sont souvent non seulement déroutantes pour l’utilisateur labmda, mais surtout non uniformisées entre tous les services 2.0.

Exemple dans Netvibes que j’utilise au quotidien. Je n’ouvre jamais un billet directement dans Netvibes, car cela m’ouvre un nouveau widget Netvibes que je trouve vraiment déroutant, au point que 2 fois sur 3 je veux revenir à mon onglet de fils RSS en faisant Précédent, et du coup je perd tout le chargement de Netvibes (qui, il faut bien le dire, est assez long quand on a de nombreux fils). Au lieu de ça, j’ouvre les liens dans un nouvel onglet (aussi parceque j’apprécie de voir le site de l’auteur en lisant le billet). Et encore, je me considère comme un geek, mais je pense aux internautes non-informaticiens qui doivent complètement perdus sur ces interfaces : comprennent-ils la distinction entre une « fenêtre » dans la page Web et une fenêtre de leur système d’exploitation ? Je doute, cela porte vraiment à confusion.

Mon propos n’est pas de critiquer les interfaces en AJAX, car il y a clairement du bon. Par contre, il va clairement se faire sentir un besoin d’uniformisation, de la même manière que les interfaces des environnements graphiques sont relativements uniformisées, ou tendent à l’être (je pense à l’initiative Free Desktop par exemple, ou aux efforts entre Gnome et KDE).

Serveurs vocaux

Alors là, on atteint le summum en terme d’interface. Je parle des serveurs où on vous demande de parler à haute voie pour faire un choix dans le menu, plutôt que d’appuyer sur 1 pour telle action comme l’annonce classiquement la voix féminine. Sur France Télécom, vous aller devoir prononcer « déménagement » pour un changement de ligne. Alors comme vous avez pas envie de vous faire remarquer dans la rue ou dans les couloirs au boulot, vous le dites pas trop fort quand même, parcequ’on à l’air bête quand même à prononcer un mot dans le vide. Résultat : le serveur vous demande de répéter, et vous êtes obligé d’épeler « dé-mé-na-geu-ment » à haute voix. Du coup vous passez pour le dernier des idiots. Niveau expérience client, c’est réussi ! Je sais pas si cela se répand, mais j’ai du utiliser ces système pour France Télécom (1014) et le support Darty aussi. J’espère qu’ils se rendront compte de la gène occasionnée à l’utilisateur…

Gratuité sur le Web

Le débat autour des modèles économiques et de la monétisation des stars du moment (youtube, myspace, netvibes, wikio, etc…) est vraiment intéressant, notamment les questions autour du modèle publicitaire.

Mais un des points tout de même qui m’ennuie est cette tendance du Web 2.0 de ne pas vouloir faire payer directement l’utilisateur. Je conçois tout à fait qu’un site gratuit permet plus facilement de construire une communauté, ce qui semble être la première valeur d’un service 2.0. Je conçois aussi tout à fait qu’on puisse atteindre la rentabilité à travers un modèle publicitaire, Google en étant la meilleure preuve.

Cette tendance a pour moi un gros défaut, en terme d’éducation de l’internaute. Je pense plus particulièrement à cette idée qu’une fois l’abonnement au fournisseur d’accès payé, on a plus rien à débourser pour utiliser tout le Web. Pour avoir eu au téléphone à de nombreuses reprises des parents de joueuses sur Equideo et pour l’avoir constaté de moi-même auprès de connaissances, je suis convaincu que cette idée est beaucoup plus ancrée qu’elle n’y parait1. Je pense que cela fait beaucoup de mal au système, dans le sens où les gens ne prennent pas conscience des coûts derrière le service qu’ils utilisent et de la valeur qu’il a. Comme on se plait à le rappeler régulièrement avec mon associé, nous ne vivons pas d’amour et d’eau fraîche !

Mon propos est qu’un service qui apporte une vraie valeur à l’utilisateur ne devrait pas hésiter à le faire payer. À ce titre, je suis pas un fan du modèle publicitaire. Je tire beaucoup plus de satisfaction de savoir que nous sommes rentables avec Equideo grâce au jeu en lui-même et non grâce au bon vouloir de tierces personnes. Pour moi, c’est la preuve que le service est de qualité et que l’utilisateur y voit une vraie valeur qu’il juge normal de payer. Cela me rappelle aussi le débat sur la vente de Kiko, et la réponse de 37 signals à ce sujet à propos du modèle économique sur abonnement de leur produit Backpack Calendar face à Google Calendar qui lui est gratuit.

Le modèle publicitaire est intéressant et peut constituer de bons revenus, mais pour moi ça ne devrait pas être le premier à mettre en oeuvre. C’est le service en lui-même qui devrait être valorisé en premier.

C’était il y a un an !

Le 8 septembre 2005, Vincent et moi mettions en ligne equideo.com vers 4h du matin, après trois mois de développement et un long travail sur hariCow, notre framework de développement Web. On avait mieux qu’un garage quand même, on avait ma chambre d’étudiant en collocation (Vincent avait même pas Internet chez lui…) 🙂

Le temps de s’assurer que tout fonctionne et corriger quelques bugs, on prenait au petit matin le RER pour Massy, puis le car pour Evry, sechant à nouveau les cours lors de la semaine de rentrée. Direction la Chambre des Commerces pour effectuer le dépôt au greffe de la création de notre SARL, Olient.

Sortie vers midi, passage rapide au Quick, puis connexion sur Internet dans un vieux cybercafé pour regarder Equideo. Et là, agréable surprise : on pouvait constater notre premier euro de chiffre d’affaire !

C’est le genre de journée qu’on oublie pas. Aujourd’hui, nous venons d’atteindre ces jours-ci un effectif de 10 personnes, et nous travaillons activement aux lancements de nouveaux jeux. On vient d’ailleurs d’emmenager dans de nouveaux bureaux au sein de la pépinière de Gif sur Yvette. Plus de place, et toujours plus de projets !

Bon anniversaire Olient et Equideo !

Startup : déléguer ou pas ?

Je suis depuis quelques temps un nouveau blog, OnStartups.com. Pas mal d’articles intéressants, dont un aujourd’hui sur les difficultés rencontrées au tout début par l’entrepreneur.

De ma propre expérience, je suis d’accord sur l’idée de base, c’est un challenge de se retrouver confronter à des tâches comme la comptabilité, les finances, la vente, les ressources humaines, etc… De toute façon au début, on a pas d’autres choix que de porter quinze casquettes à la fois. C’est clairement intéressant et formateur comme expérience.

Cependant, je doute que ce soit réellement utile et judicieux dans l’intérêt de la startup d’en faire le plus possible par soi-même. Dès qu’on en a les moyens, il me semble beaucoup plus pertinent de faire appel à un spécialiste. Le gain en temps et en qualité de travail (pour peu qu’on choisisse le bon) est très important.

On a rapidement été confronté à ce dilemme avec Olient et Equideo. Trois semaines après le lancement, la gestion et la surveillance des serveurs devenaient problématique. La fréquentation du site augmentait de manière considérable, et un seul serveur ne suffisait plus. On était alors face au choix suivant :

  • continuer à gérer les serveurs nous-même. Avantage : coût moins élevé. Inconvénient : gouffre en temps et en stress face aux difficultés rencontrées
  • faire appel à un vrai hébergeur pour une infogérance complète. Avantages : travail de qualité, temps économisé et plus de tranquilité. Inconvénients : prix, accès d’une personne externe à votre code/architecture (ça peut être gênant, même si ce ne fût pas notre cas)

À l’époque, je défendais avec ardeur la première solution, peut-être parceque c’est moi qui gérait les serveurs et que je me croyais assez bon pour le faire, et que je voyais l’économie d’argent. On a donc continué seul.

Non seulement la mise en place de l’architecture sur plusieurs serveurs ne marchait qu’à moitié, mais en plus la fréquentation du site augmentait significativement chaque semaine. Résultat des courses, on était obligé de limiter en heure de pointes le nombre de connectés, au détriment de nos clients donc. Je ne parle même pas du temps perdu à chercher des solutions, des tensions générées et des engueulades dûes à ces difficultés…

Ce fut autant de temps et d’énergie perdus qu’on aurait pu consacrer à améliorer le jeu en lui-même et répondre aux attentes des clients. On a bien sûr opté rapidement pour l’infogérance par un hébergeur dont c’est le métier. Le gain en temps, en stress fut vraiment important, et on a pu le consacrer à faire ce qu’on sait faire le mieux.

A moindre échelle, je pense que le raisonnement est le même avec tout ce qui est comptabilité, cotisations sociales, fiscalité (sans parler du risque juridique de mal faire). On a fait le même choix, à savoir faire appel à quelqu’un dont c’est le métier.

Mon conseil aux jeunes entrepreneurs donc, d’après ma courte expérience depuis un an déjà :

  1. faites le point sur vos forces : identifier les tâches pour lesquelles vous apportez vraiment de la valeur. Votre temps est ce qu’il y a de plus précieux, il faut l’utiliser le plus judicieusement possible
  2. parmi les tâches où vous n’apportez pas de valeur, identifier celles qui sont le plus consommatrices en temps, en énergie voire en stress
  3. si pour ces tâches, le temps et en énergie consommés pourraient être utilisés pour une tâche où vous avez de la valeur, et où le gain final pour le client est significatif, alors n’hésitez pas, prenez le risque de déléguer et d’avancer plus vite.

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