Teasing !
Jeudi 22 février 2007
J’avoue, le précédent teasing est plus ou moins tombé à l’eau.
Mais celui, je peux vous assurer que c’est du solide !
Patience…
J’avoue, le précédent teasing est plus ou moins tombé à l’eau.
Mais celui, je peux vous assurer que c’est du solide !
Patience…
Je viens d’essayer la nouvelle killer feature de Webwag qui permet de créer des widget à la volée, et c’est pour le moins bluffant. Très simplement :
Bon c’est pas encore tout à fait au point (le contenu de mon profil a bougé, et du coup le contenu de la zone sélectionnée a changé, il faudrait qu’ils permettent de sélectionner une zone en se basant sur DOM, un peu comme dans le DOM Inspector de Firefox).
Cela dit, c’est une très bonne idée, et cela prouve que même si ils sont arrivés bien après, Webwag n’est pas qu’un simple suiveur de Netvibes, mais bien un concurrent sérieux. Je n’arrive pas à cerner quel sera le modèle économique de ces pages personnalisables, mais j’imagine que l’étape obligée c’est de toucher le gand public avec un produit le plus simple à utiliser (que ce soit pour des mécanismes d’affiliation ou mise à disposition en marque blanche à des sites plus grand public). Et dans cette optique, le Widget On Demand permet à Webwag de prendre de l’avance.
Pour ma part je préfère tout de même Netvibes, que je trouve notamment plus léger (sic), moins austère.
Imaginez un monde où vous n’avez pas de chez vous. Un monde où vous dormez chez votre voisin Dupont, où vous faites votre cuisine chez Dupond. Vous utilisez la salle de bain de Durant et quand vous voulez bricoler dans un garage, vous vous rendez chez Durand. Pour le barbecue, c’est dans le jardin de Martin que ça se passe. C’est Henri qui gère votre boîte aux lettres et, cerise sur le gateau, vous ne possedez même pas de carte d’identité : ce sont les gens chez qui vous allez qui vous identifient.
Ce monde est encore plus triste que cela : non seulement vous n’êtes pas le seul dans cette situation, mais en plus seule une poignée de Durant et de Dupont accueillent l’ensemble de la population. Vous êtes dépendant d’eux, et ils savent tout de votre vie.
Monde irréaliste ? Je dirais même surréaliste. Et pourtant, ce monde que je décris, c’est le Web tel qu’il se présente actuellement. Si la notion de vie numérique est désormais courante, il faut bien dire qu’une minorité seulement contrôle la sienne. La grande majorité des internautes n’a pas de chez-soi numérique. Pour toutes les actions courantes d’une vie numérique, l’internaute 2.0 est tributaire d’autres services. Il gère ses photos avec flickr, ses mails sur GMail, ses bookmarks avec delicious, ses flux RSS et autres avec Netvibes, sa musique avec last.fm, son blog avec Typepad et ses flux avec Feedburner. Dans ce monde 2.0, tout se passe comme si se construire ou accédez à un chez-soi était inaccessible ou réservé à une minorité.
Mon chez moi virtuel, c’est kiad.org. Non seulement je veux y gérer ma vie numérique (blog, photos, musique, syndication de contenu, etc.), mais en plus je veux en garder une trace pour que dans 30 ou 40 ans je sache que le 3 février 2007 à 23h45 j’étais en train d’écouter Wembley’86 de Queen et que je venais de poster un billet sur ma vision du Web. Cette vie numérique et la masse de données qu’elle représente, je veux la gérer moi-même et non pas la confier à des tiers dont le seul but est de mieux me connaître pour mieux me vendre leurs produits. Je ne tolère guère cela dans le monde réel, cela ne me plait pas plus dans ce monde virtuel.
Je ne vois pas vraiment d’obstacle technique à contrôler sa vie numérique, on commence d’ailleurs à en voir les prémices avec OpenId entre autre. Cette problématique commence à pointer, notamment à travers les discussions sur le contrôle des données personnelles. Mais le vrai obstacle je pense vient des internautes eux-même qui n’éprouvent pas le besoin de ce contrôle. Du moins, pas encore. Je suis persuadé qu’un jour viendra où tout internaute, en tant que cyber-citoyen, exigera de pouvoir contrôler sa vie numérique, et de disposer d’un chez soi virtuel, pour les même raisons que les questions de vie privées sont importantes dans le monde réel. On disposera alors d’un Web vraiment décentralisé, où les utilisateurs auront réellement le contrôle, et où les services communautaires que l’on connait aujourd’hui ne seront que des interconnexions entre les chez-soi virtuels des internautes.
Cette évolution que l’on pourrait qualifier à juste titre de Web 3.0 n’interviendra certes pas en quelques mois. Mais même si le Web est jeune, il évolue très rapidement, et on peut raisonnablement penser qu’il s’agit d’une question de quelques années.
Cela dit, pour conclure sur une note moins positive, gardons à l’esprit qu’en cette période hivernale beaucoup n’ont même pas de chez-soi dans notre monde bien réel lui. J’en suis bien conscient en utilisant cette comparaison. Je suis pas sûr que le terme de fracture numérique soit bien suffisant pour décrire cela. C’est un autre débat…