Récemment j’ai comme beaucoup de monde cédé à la tentation de m’inscrire sur Twitter, le service de micro-blogging. Je n’ai pas du tout accroché personnellement. Pas grand chose d’intéressant (pour vous) à raconter, même si paradoxalement je n’ai jamais été aussi occupé que ces derniers temps. Ce qui me sidère (et me déprime un peu aussi) avec Twitter, c’est que le service nous incite implicitement à pousser à son extrème notre propre mise en scène personnelle. C’était déjà le cas avec les blogs, mais là on atteint des sommets je trouve, du fait de la quasi instantanéité du service.
Sur le moment, j’avais trouvé délirant le lien fait par les médias entre les tentatives de suicide des jeunes adolescentes et les blogs. Mais avec du recul, je me dis que des outils permettant ou incitant à se mettre en scène personnellement, à se créer un écosystème, à exacerber sa propre personnalité voire s’en inventer une, ne sont pas forcément à mettre en toutes les mains (du moins les adolescent(e)s fragiles).
Je vous rassure, ce n’est pas cela qui explique mon silence depuis quelques temps (outre une grosse déception politique, vous l’aurez compris). Je ne nie pas le besoin qu’on peut avoir de se mettre en scène en racontant sa vie. Pour ma part, du fait de son intensité, cela fait longtemps que j’éprouve le besoin de raconter de l’intérieur l’aventure Owlient, avec ses bons et ses mauvais moments, et ses épreuves plus ou moins enrichissantes. Besoin d’écrire en toute liberté mes pensées, mes interrogations et mes certitudes du moment, tant tout cela évolue de jour en jour. Alors récemment je me suis décidé à tout écrire, à tout raconter. Avant-hier on me faisait remarquer que des fondateurs de start-up sont bien souvent comme un couple. Il y a un peu de ça c’est vrai : les pensées que j’écris, il n’y a bien qu’avec Vincent que je les partage. Cela dit je n’écris que sur ma vie professionnelle (c’est déjà très dense !), n’étant pas de nature à parler de ma vie privée.
Je vous vois trépigner d’impatience… Mais où a-t-il bien pu mettre ces écrits ? Pour être dans l’air du temps, j’aurais pu écrire cela sur Twitter, ou plus sagement sur un blog, mais il ne s’agissait pas d’outils adaptés à mon goût. Non, j’ai retenu les meilleurs outils qu’il soit pour cela : le carnet papier et un stylo. Je m’y plais à écrire mes pensées librement et raconter l’aventure Owlient au jour le jour, et même à vous interpeller ! Car j’ai l’intention que vous les lisiez, mais dans 5 ans ou 10 ans (je compte bien mener Owlient aussi longtemps), lorsque je les aurais publiées. Nul doute que ce sera à la fois amusant et intéressant à lire, avec le recul.
Voilà, ce blog n’est pas mort pour autant, je continuerai à y écrire sur les sujets qui me tiennent à coeur, comme le Web. Mais aux modernes Twitter et blogs, j’ai préféré l’ancien papier, même si l’idée reste la même : se mettre en scène et flatter son égo 