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Archive de octobre 2007

It’s all about your data !

Samedi 20 octobre 2007

Suite à mon précédent billet, voilà une autre manière de dire les choses. Scott Karp explique pourquoi ce ne sont pas les applications qui comptent, mais bien les données qu’elles véhiculent, en s’appuyant sur la déclaration récente de Jeff Hubert de Google à ce sujet (”The web is the Platform. So let’s go build the programmable Web.“). Plusieurs points intéressants :

  • toute la hype autour des plateformes n’est qu’un écran de fumée, la vraie valeur d’un business comme Facebook réside bien dans les données qu’ils accumulent, pas dans les éventuels bénéfices qu’ils tireraient des applications de la plateforme
  • le Web EST la plateforme. Je pense que ça ne fait pas de mal de le répéter.
    • comme l’explique Scott Karp, arrivera le jour où la concurrence entre applications sera forte aussi sur Facebook, et le Web aura toujours un potentiel de viralité plus important.
    • le Web présente aussi l’avantage de la neutralité, condition indispensable au succès d’une plateforme (lire à ce sujet cette analyse d’Onstartups, même si dans une moindre mesure Facebook est dans le même cas que LinkedIn, car ils se réservent le droit de concurrencer une applications de la plateforme)
  • ce n’est pas tant de disposer de la communauté la plus grande qui importe, mais bien de la connaître au mieux à travers la collecte de données personnelles pour proposer une plus grande valeur ajoutée aux utilisateurs. C’est là que réside la barrière à l’entrée vis-à-vis des applications concurrentes.

Encore une fois, il s’agit de nos données personnelles, et quelque part de notre vie, nos goûts, nos envies, etc… La collecte de données personnelles n’a rien de neuf ni de choquant, mais cela prend désormais une telle ampleur qu’il est dommage que les utilisateurs ne soient pas plus sensibilisés à cette problématique.

Tout n’est affaire que de données personnelles

Dimanche 14 octobre 2007

À plusieurs reprises suite à de précédents billets, on m’a demandé pourquoi je tenais tant à publier mes données personnelles sur ce site. En fait, ce n’est pas une volonté de ma part que de vouloir exposer ma vie numérique sur kiad.org, mais plutôt la solution la plus adaptée à un état de fait.

Il était possible jusqu’à présent de contrôler de manière assez précise les informations que nous laissions à des entités tierces, soit parceque la technologie ne permettait pas d’agréger des informations à notre sujet, soit parceque notre accord était nécessaire de manière explicite. Impossible de construire un profil à partir des articles consultés dans un magazin Fnac par exemple. Il était tout au plus possible de tracer nos achats à l’aide d’une carte de fidélité, ce qui releve tout de même d’un acte volontaire de notre part. Aujourd’hui, non seulement construire un profil à partir des articles consultés sur un site marchand est pratique courante, mais en plus la souscription à une carte de fidélité est devenue implicite et surtout obligatoire à travers la phase d’enregistrement présente sur n’importe quel site marchand. On retrouve une évolution similaire avec les données liées à nos déplacements : les téléphones portables et le cartes de transports comme Navigo permettent de suivre les déplacements de n’importe qui.

Ces exemples montrent bien la perte de contrôle sur nos données personnelles qui s’est opérée au fur et à mesure que la technologie a évolué. Cette perte est d’autant plus inquiétante qu’elle est accompagnée d’une perte de distinction entre données identifiables à une personne bien précise et données non-identifiables. En somme, la collecte de données est plus aisée dans le monde virtuel, et quand bien même nous arriverions à garder un certain anonymat dans cet espace, l’évolution de la technologie et la masse de données toujours plus importantes que nous laissons permet tôt ou tard de reconstruire des profils personnels. C’est bien là le problème : autant nous bénéficions d’un certain contrôle dans la vie réelle, autant chaque action que nous faisons dans le monde virtuel dissémine un nombre important de données auxquelles nous n’avions pas songé auparavant.

On pourrait penser qu’il ne s’agit que d’adresser une publicité toujours plus ciblée par la suite en se basant sur des profils toujours plus précis (et en ce cas, pour peu qu’on y soit sensible, on apprécierait sûrement le fait de ne plus avoir de publicité mal ciblée). Je pense que c’est effectivement un des objectifs, mais il me semble lourd à mettre en oeuvre (il n’y a qu’à voir la pertinence des publicités sur Facebook qui en sait tant sur nous…). Non, peu importe l’objectif, ce qui me gène est que quelque part ma vie numérique soit stockée pour en déduire mes goûts, opinions et envies, et encore plus quand il n’est pas possible d’accéder à ces données.

Nous vivions dans un monde où la loi et la technologie garantissait un minimum d’anonymat et de vie privée, et le risque est trop gros qu’au fil des données ce que nous considérions comme acquis disparaisse. Le sens de mon propos sur la vie numérique allait en ce sens : il ne s’agit pas d’exposer ma vie numérique, mais au contraire de la contrôler. Puisque la dissemination de nos données personnelles est désormais un état de fait contre lequel il est difficile de lutter, alors autant chercher un meilleur équilibre dans le contrôle de ces données. La balance penche aujourd’hui trop du côté des éditeurs de services, mais je reste convaincu que la technologie permet aussi de corriger la balance vers l’utilisateur. Après tout, ce sont nos données.

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